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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 00:29

 

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Les GA sont un peuple qui concentre deux millions personnes dont la ville la plus importante est ACCRA au sud du Ghana. Ils représentent le 4eme groupe ethnique du pays.

 

Les GA donnent à leurs morts une dernière sépulture pour les moins que l’on puisse dire unique et remarquable !!

 

Au début quand j’ai découvert le sujet de ces cercueils, je ne voyais que la fantaisie du travail de sculpture. Puis au fur et à mesure, j’ai compris le poids de la tradition et du paraître pour enterrer les morts. Et j’espère avoir bien retranscrit cette idée.

 

L’origine de ces cercueils date du début du XX ème siècle et ne possède aucune explication légendaire.  Tout commença timidement par menuisier appelé ATA OWOO dont l’imagination était aussi forte que son talent !! Il a pris sous son aile un apprentis qui a fait prospéré et rendu célèbre ces œuvres d’art, il s’agit de  Kana Kwei qui lui-même initia son fils et son neveu.

 

L’activité du cercueil fantaisiste est arrivé à peu près dans les années 35/40 juste a un moment ou le travail a chuté avec le départ des colons qui produisaient des éléments d’avions a la veille de la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle production a réussi à donner un nouvel essor économique pour cette région.

 

Les cercueils sont un assemblage complexe d’une centaine de pièces de bois qui peuvent prendre des formes tout à fait insolites, colorés et tout aussi varié qu’il y a de personnalités. Chaque sculpture est calquée sur la vie du défunt. Les proches s’inspirent d’un trait de caractère, d’un symbole, d’un statut social, du métier du défunt…

 

 Ainsi on trouve des formes toujours TRES REALISTES comme des légumes et végétaux (piment, cacao, oignon…) pour les cultivateurs, un marteau pour un forgeron, une scie pour le menuiser, des poissons ou des barques pour les pécheurs, pour les chauffeurs on va les placer plus facilement dans des cercueils en forme de bus, limousine ou de voiture de luxe !

 

Plus traditionnellement Les Ga sculptent des cercueils en forme d’animaux : Poule, lion, gazelle, zèbre etc. Le motif de l’aigle est plutôt réservé à l’élite politique car cet animal fait référence au dieu SAKUMO tandis que les lions, les crabes ou les coqs sont exclusivement réservé aux chefs des clans car ce sont des animaux mythiques des Ga.

 

Les sculptures les plus récentes deviennent de plus en plus délirantes en ce faisant enterré dans des boites qui prennent des formes des objets du quotidien comme une basket, un téléphone portable ou une bouteille de Coca-Cola !!

 

Pour les rites chrétiens, Les prêtes préfèrent des cercueils en forme de Bible ou de poule. 

 

Les personnes âgées vont même jusqu'à acheter leur cercueil de leur vivant pour être sûr que la sculpture leurs plaisent ! Se sentant mourir et pour avoir un beau cercueil, ils préfèrent économiser sur les frais d’hôpital ou de médicaments.

 

Au Ghana, enterrer un proche, n’est pas une chose qui est évidente car il n’existe pas comme en Europe des structures de Pompe Funèbre et c’est la famille et les proches du défunt qui doivent prendre en charge l’inhumation. Ils font la publication d’affiches avec le déroulement de l’enterrement : Le nom du mort, lieu du cimetière ou l’horaire pour la veillé funèbre…

 

J’ai été surpris de comprendre que les morts ne sont pas enterrés immédiatement et les corps peuvent rester à la morgue jusque 3 ans, le temps de réunir les fond pour organiser les funérailles…

 

La famille sort le corps de la morgue et le transporte dans une ambulance, car les corbillards sont rares. Ils font le dernier voyage du défunt et sur la route, certaines personnes lui rendre hommage en jetant sur le sol de l’alcool blanc (schnaps, eau de vie…) C’est une offrande qui vise à attirer la protection des ancêtres.

 

 

 

Le mort est présenté dans la maison des ancêtres et il reçoit des libations. Le soir venu, la famille proche va, laver, habiller et asseoir le défunt. Mettre le défunt assis sur la chaise, c’est la mettre dans une position de vivant, une idée de retarder la mort peut être … Puis les plus âgés arrivent pour vérifier que tout est correct et ce n’est qu’a se moment là que la famille, la communauté peuvent rendre hommage à la personne.

 

C’est seulement le lendemain de la présentation du mort que se tient devant la maison des ancêtres, un office religieux. Le mort n’est plus assis sur une chaise mais allongé sur un lit. C’est à ce moment précis que tout le monde découvre le cercueil pour la première fois.

 

C’est ici que le mort prend sa place dans ce fabuleux cercueil  et les femmes lui font un dernier hommage en chantant.

 

Les chants d’adieu qui accompagnent le mort sont importants car ils ouvrent le contact avec l’autre monde, celui des ancêtres. Le chant permet aussi de faciliter le deuil. Je suppose que faire l’enterrement au bout de 6 mois, c’est un peu comme une deuxième mort. C’est une tradition qui est quand même dure moralement.

 

L’enterrement est n’est pas seulement le simple fait de mettre en terre une personne mais il s’agit de préparer le mort à sa nouvelle vie car les Ga croient en la réincarnation. Ils pensent par exemple que le chef est la réincarnation des ancêtres. Les morts rejoignent les ancêtres et non les dieux.

 

Le faste de ces enterrements rende hommage à leurs morts mais il s’agit aussi de s’attirer la bienveillance des esprits ! Ils pensent que les esprits sont plus influencent que les morts et influencent les vivants. C’est pour ça que les Ga ne comptent pas à la dépense et n’hésite pas à dépenser l’équivalent de plusieurs années de salaire pour honorer un proche. Bien souvent les proches doivent se cotiser pour payer les obsèques, il n’y a que les riches notables qui puissent acheter ces cercueils et les prestations qui l’accompagnent sans faire un (trop) lourd emprunt.

 

Chaque enterrement cause beaucoup de tracas car non seulement cela touche la famille mais aussi toute la communauté. En général tout le monde se déplace, même pour une personne inconnue sinon personne ne viendra à l’enterrement qu’ils organiseront. D’ailleurs cette pression sociale demande beaucoup d’énergie et d’argent pour le repas de la veillé funéraire

 

Pour l’occasion, ils doivent se fabriquer de nouveaux vêtements, rouge et noir pour la veille de l’enterrement et habits blancs le jour de l’inhumation. Traditionnellement, les petits enfants du défunt portent le même tissu pour plus facilement les identifier.

 

 Les enterrements sont tellement onéreux que l’Etat est déjà intervenu pour limiter les frais, mais ce fut un coup d’épée dans l’eau, la tradition est trop forte… C’est une question de prestige qui va de paire avec la respectabilité de la famille… Ca commence en general un vendredi et peu durer de quelques jours à 3 semaines. La facture peut s’alourdir encore quand la famille embauche des musiciens ou effectue le sacrifice d’une bête si la personne est de haut rang… Il fut un temps lointain où ils pratiquait le sacrifice humain…………………

 

Chaque enterrement est une course à l’extravagance avec des cercueils pouvant faire deux mètres de haut et jusqu'à trois mettre de large !!  D’ailleurs c’est impressionnant de voir déambuler un poison multicolore géant au-dessus de cette foule dense.

 

 

A suivre…

 

 

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Published by kakuungu.over-blog.com - dans GA
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commentaires

D. 14/02/2011 08:10



Effectivement, les funérailles au Ghana, surtout dans le sud, sont l'occasion de démonstration de la richesse supposée de la famille car effectivement nombres d'entre elles contractent des
crédits pour assurer les frais d'un tel événement.


Pour l'anecdote, dans le village de la côte occidentale où j'habite, j'ai vu des familles organiser des funérailles à plus de 10 000 euros.


Dans votre article, il s'agit des Ga, la tradition est la même chez les Fanti. Les cercueils "customisés" sont toutefois assez rares, car chers et pas très bien vus par certaines "autorités
religieuses". Ils sont surtout produits pour l'exportation.


Il existe des "ensembliers" funéraires au Ghana, il est donc possible (contre très forte rémunération) d'organiser la cérémonie, incluant DJ, sound system, locations de tente et chaises et autres
matelas, lit de présentation du défunt mais aussi brass band (troupe de musicien).


Il est toujours étonnant d'assister à des funérailles et de réaliser leurs coûts quand très peu d'argent est dépensé en prévention, notamment dans les soins de santé.


Il s'agit en fait d'une démonstration, marqueur social qui pourrait à voir avec les cérémonies de mariage qui peuvent être rencontrées dans le monde occidental.


Très peu de mariage ici au Ghana (faible compensation maritale) et beaucoup de funérailles..Il faut dire que l'on ne meure qu'une fois.


 



kakuungu.over-blog.com 14/02/2011 10:53



Merci pour votre contribution et le partage de votre tradition :)