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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 19:19

 

Quand on regarde la définition dans le dictionnaire, « porter un masque, c’est jouer un personnage » mais en Afrique, cela n’a rien à voir avec du folklore ou du théâtre... Il s’agit bien de la matérialisation d’un objet de culte. C’est la représentation physique d’un Dieu, d’un ancêtre, d’un revenant, soit plus globalement une entité surnaturelle.

 

"Le masque est avant tout le code moral personnifié. Il est l'agent permanent chargé de sauvegarder les lois coutumières non écrites et veiller à leur stricte application, de même qu'à la régularité de leur transmission de génération en génération." B.Holas

 

« Pour ma part, les masques doiA-Cabinda.jpgvent marquer la nécessité d'être toujours alerte, vigilant, il ne faut jamais le prendre pour une chose évidente à moins d'avoir été surpris par sa danse, c'est la politique du regard objectif... qui peut regarder ou non un masque, ou, en quels endroits, les règles peuvent-elles être modifiées malgré la tradition qui l'oblige intrinsèquement... Selon l'identité, le caractère du spectateur, celui qui voit le masque donnera un sens différent et cette position de fait peut-elle exister? Avec le temps qui passe, la relation au masque change t'elle au fur et à mesure ou sa force engendrée par le sculpteur doit-elle être uniforme et unilatérale ? Peut-on démasquer dans sa valeur usuelle le masque ?... » (Cf Richard Pierron)

 

Le masque est porté par une personne anonyme. La personnalité du porteur de masque importe peu car il représente avant tout un personnage mystique. Tout le pouvoir se concentre dans le masque, la partie la plus importante du costume.

 

Le masque, quelque soit sa fonction, est pensé, sculpté pour est le réceptacle d’un seul dieu. Dans beaucoup de culture, les coiffes des masques qui dansent, servent de rempart aux autres esprits.

 

Le masque est un objet concret de la présence divine face à la foule. Etre en face d’un masque en mouvement impressionne, marque les gens immédiatement et de manière forte. Lors de la sortie des masques, les gens sont prêts à faire plusieurs dizaine de kilomètres pour voir ces dieux.

 

La magie d’un masque passe d’abord entre les mains du sculpteur qui insuffle la forme de l’objet. Cet homme (comme c’est souvent le cas) peut être un féticheur, un devin, un forgeron etc. Ils suivent un rite précis pour choisir tel bois sacré, avec tel outil, à telle période de l’année. C’est ensuite que des prières, des incantations, les libations donnent concrètement toute la force vitale à l’objet de culte. Tous ces actes magiques vont permettre au danseur de vibrer en harmonie avec l’esprit qui habite le masque. Ce rituel transmis avec beaucoup de discrétion aux générations suivantes.

 

« Il y a l'Esprit, la Matière...L'esprit donné par le sculpteur et la cérémonie rituelle qui insuffle le Génie qui l'habite, il est par la matière aussi dans le visage sculpté dans les traits totalement incarné en ce sang qui coule dans des lignes pensées par le sculpteur entouré du maître des rituels et de cérémonie! La matière, reste aussi le support, celui du danseur, du porteur de ce masque dans lequel il s'imprègne de sa force, un mariage extraordinaire de l'esprit et du concret qui enserre son visage ! Pour ma part, un masque qui ne danse pas n'est "pas un masque" !! » (Cf Richard Pierron)

 

Il faut savoir aussi que dans la plupart des ethnies, le porteur du masque et le gardien sont deux personnes différentes.

 

L’élévation spirituelle du masque passe aussi par la musique répétitive des percussions. Elle donne une dimension forte au masque. Il n’aurait pas au tant d’impact sur les esprits sans ce rythme, le cœur qui palpite et qui s’accélère. Pour certain la transe n’est pas loin. L’atmosphère pesante du masque se traduit aussi par la danse qui harangue la foule. Les porteurs de masque sont souvent de véritables athlètes et effectuent des danses impressionnantes avec des costumes parfois très lourds. Un exemple la danse des Egun du Benin, le costume de revenant pèse jusque 80kg !

 

 1guerre.jpg

 

Il existe aussi le masque miniature que l’on nomme « Masque passeport » : Il y a celui que l’on montre et celui qui est caché.

 

Les masques passeport jouent plusieurs rôles.  D’abord il sert de model pour les sculpteurs féticheurs qui en tirent l’inspiration et l’interprètent selon leurs envies.

 

Cette miniature permet aussi lors de rites initiatiques de bases pour raconter les histoires du clan, une manière de faire perdurer la tradition orale.

 

Hormis la langue, le masque passeport est le signe d’appartenance à un groupe social. On le trouve par exemple sous la forme de pendentif, facile à transporter lors des voyages lointain.

 

Ensuite, il y a le masque miniature, le plus important, celui des rites secrets car il sert de droit d’accès aux  lieux sacrés. Il donne ainsi la possibilité de rejoindre par exemple une réunion des anciens pour résoudre un problème délicat. Ce masque permet surtout de garantir l’anonymat du porteur qui ne peut pas décliner son identité à un gardien. Logique vue qu’il s’agit d’une organisation secrète !! Le masque miniature évite de faire entrer un étranger malveillant. Le simple fait de montrer un masque et de ne pas parler, évite également être trahis par la voie.

 

En République de Côte d’ivoire, il arrive qu’un porteur de masque s’invite et pour entrer dans le cercle d’initiés, il est accompagné d’une aide qui présente à sa place le masque secret.

 

Les porteurs de masque miniature ne pourront jamais admettre qu’ils possèdent ces objets car avouer avoir un tel objet c’est dire qu’ils appartiennent au culte secret et menacer leurs identités. Ils ne peuvent pas rompre le secret de l’organisation… Ces masques sont conservés de la même manière, dans le secret.

 

Le silence est aussi une forme d’hommage rendu au masque car il est, tout comme le masque qui danse, la représentation matérielle d’une présence surnaturelle. On ne parle pas devant un dieu. Dans le même sens, la chorégraphie complexe du porteur du masque est une sorte de prière envers dieu.

 

Il existe des légendes comme « Koulaï dans la fôrêt ». Dans la légende « le songe de Troyaï », dont le héros reçoit à la fin de son éducation, un masque miniature des mains de Dieu. Voila une origine de son attachement au divin.

 

 A-Dogon.jpg

 

Il existe des masques qui sont destinés pour la case. Certains sont purement décoratifs, d’autres religieux. Ces derniers sont fixés directement dans l’habitation lors de sa construction. Donc ce masque est livré aux intempéries.

 

Ils sont placés dans la discrétion de la nuit par une association spécialisée. Le secret est encore une fois de mise et cela renforce le mystère du culte.

 

Ce masque a pour but d’attirer la bienveillance de l’esprit non seulement sur la case mais aussi sur celles des autres qui l’entourent. Le sacré entre dans un lieu profane et à la vue de tous.

 

Lors de maladie grave comme la variole, on accroche egalement des masques pastillés pour annoncer un malade. Un signe d’avertissement à ne pas négliger et redoubler de vigilance !!

 

Ainsi « Le masque est Esprit, Matière, au-delà de la dimension inerte qu'on lui donne parfois dans sa place trouvée dans un musée... » (Cf Richard Pierron)

 

Je remercie chaleureusement La galerie Pierron Primitive Arts de nice pour toute l’attention  pour ce billet. Pierronprimitivearts@live.fr

 

Photo 1 : Masque de danse de réjouissance du Cabinda. 43 cm sans la coiffe et toile de portage

Photo 2 : Masque Wé-Guéré... 47 cm et Masque de famille Guéré... 9 cm

Photo 3 : Un rare exemplaire de masque Dogon de case de 33 cm, Famille de Féticheurs transmis de génération en génération.

 

A suivr

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:37

 

Jai voulu m’attarder sur cette sombre histoire pour mieux comprendre, pourquoi les Teke Staye ont eut besoin de créer le masque Kidumu pour retrouver confiance en eux-mêmes. Montrer leurs traditions sont fortes et bien vivante !

 

Le 13 avril 1900, l’Etat français modifie le régime de financement des colonies dans le but de limiter les dépenses, c'est-à-dire les salaires des fonctionnaires, de l’armée et de tout les frais qui pouvaient en découler…

 

Les têtes pensantes ont décide de faire payer les populations locales d’un impôt à tout les « indigènes ». Puisque les métropolitains s’acquittent d’impôts, les autochtones devront faire la même chose. Une conséquence logique selon les colonisateurs car ils apportaient « la paix » et « la sécurité »… La machine coloniale des persécutions se mis en route de manière progressive.

 

En 1905, une série d’articles dénonça ces atrocités sur le « scandale Congo ». Le gouvernement décida le 25 février d’envoyer une commission d’enquête au Congo. Un leurre pour rassurer les français puisse que les conclusions étaient déjà écrites avant même le départ de ce groupe. « Tout va très bien » et les problèmes causés sont le résultat de guères intestines locales…

 

La politique de terreur s’aggrava très vite avec la chute du prix du caoutchouc de 1913 et aussi pour faire face à la puissance grimpante capitaliste des USA. La révolution industrielle s’impose rapidement.

 

Les français possédaient une grosse usine de production de caoutchouc, la « compagnie Concessionnaire Ongomo ». Elle tournait à plein régime, au top de sa rentabilité mais ce ne fut pas assez pour les colonisateurs.

 

Les colons « percevaient » les impôts de force en pillant les cultures ou en prélevant les ivoires…

 

Bien sûr, les populations ont refusé de payer cette taxe de 5 francs par personne pour participer à leurs mises en cage ! Ils ont été dominés rapidement. Comment pouvaient-ils se défendre avec des lances, des arcs et flèches face aux pétoires ces colons. Ils ont mis sous leurs férules des ethnies comme les Teke Staye, les Kota ou les Nzabi.

 

Des zones entières ont refusé de payer cet impôt comme la forêt de CHAILLU. Face à cette monté de révoltes, les colons ont mis en place des camps d’enferment de femmes, d’enfants, de mauvais payeurs, de chef de village etc. Des heurts armés ont aboutis également à la mise en place de nouveaux chefs de clan…

 

De plus les populations ont été contraintes au travail obligatoire pour construire les routes ou les chemins de fer. D’ailleurs ces traverses de chemin de fer sont utilisées aujourd’hui pour faire des copies, vieux bois, mais une sculpture récente.

 

Les colons réussi à maintenir la terreur physique en pratiquant des pelotons d’excusions de plus en plus atroce, on passe de un à deux morts à deux cent personnes d’un coup… Un exemple connu, l’exécution de Franceville d’aout 1913, on déplora plus de deux cents morts. Les corps étaient comme à chaque fois placés le long des routes ou en lisière de foret pour le décompte de « l’administration » mais il faut surtout y voir un signe de la suprématie coloniale, une arme dissuasive forte… Une bien triste image…

 

Cela a eut pour conséquence aussi de la délocalisation et la dislocation des villages entiers. Toute l’économie tribale qui s’effondre. Pour fuir la tête haute, ces hommes pratiquaient la technique de la « terre brulée ». Partir et ne rien laisser derrières eux. Une situation qui provoqua une détresse psychologique et un désarroi facilement compréhensible… Cela marqua aussi le début de la famine… Les villages qui se reconstituaient, étaient désorganisés, minuscules, insalubres… Un semblant de vie reprend discrètement.

 

Les colons ne connaissaient pas bien la géographie des lieux et cela sauva quelques villages. Un Teke Staye raconte qu’une fois les colons sont arrivé un jour de brouillard et ils ne trouvèrent que trop tard le village. Les Teke avaient réussi à prendre la fuite grâce à l’annonce faite au tambour.

 

Les colons entretenaient cette terreur quotidiennement, selon les rescapés de cette période, ils tiraient des coups de feu en l’air tout les soirs…

 

Il faut attendre le ministre Clementele en 1906, choqué, pour tenter de mettre fin à cette politique de peur et pour mettre fin à cette taxe « La perception de cet impôt de devra plus être le principal souci de l’administration » Malheureusement l’application ne fut pas vraiment immédiate.

 

En 1908 les Français cèdent la place aux belges…

 

La paix revient suite aux retraits des colons qui avaient d’autres préoccupations… La seconde guerre mondiale arrive…

 

Entre 1927 et 1934, l’économie agricole reprend tout comme la production de caoutchouc est à nouveau sur les rails en direction de l’Europe.

 

La région connu un essor grâce à la découverte de mines d’or aux alentours de la région de Mbinda qui fut exploité jusque dans les années 50.

 

A suivre…

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 01:12

 

 

 

 

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Le peuple Teke (appelé aussi Bateke ou Tio) est une ethnie qui a longtemps vécu en forêt pour ensuite rejoindre les « plateaux Bateke » vers le XVI ème siècle.

 

Ils vivent principalement au moyen Congo mais aussi sur une partie du Congo Kinshasa et au sud est du Gabon. Ils regroupent environ 500000 individus.

 

Le groupe Teke se décompose en quatre grands groupes : les Staye, les Lali, les Tege et les Kukuya.

 

Les Bateke ont du faire face à la monté de la puissance de leur cher voisin, le Royaume Congo et ils ont dut subir les nombreuses attaques des Congo. Pourquoi ? Tout cela pour tenter d’obtenir le contrôle des mines de fer de ZANAGO proche du fleuve Congo… Ces gisements ont fait la richesse et le pouvoir des Teke.

 

C’est sous l’impulsion d’un forgeron, NGWAKA BANZURU que l’histoire du masque Kidumu s’est ouvert vers les années 1860. Cet homme a été mandaté pour retrouver les anciens masques et comme il est revenu « les mains vides » il créa un model. La forme des masques avant cette date est inconnue.

 

La production des masques Teke Tsaye a connu une période de récession vers les années 1910 / 20 à cause de la présence sanglante des français. C’est durant cette oppression coloniale appelée la « guère de l’impôt » que le peuple Teke a bien failli disparaitre de famine et de maladie... Une période noire de révoltes des Bateke contre les colonisateurs. Une lutte bien inégale…

 

Cela a value un déclin du culte rapide. Une suite logique car les Teke ont été presque décimé et donc plus personnes pour donner vie au culte !! C’était une question de survie avant tout… A cela il faut ajouter que les survivants ne vivaient plus en groupe mais des petits groupes éparpillés…. Il ne reste malheureusement moins de 10 masques d’avant 1930…dont le célèbre masque au trèfle de Derain, aujourd’hui dans la collection du Barbier Mueller. On estime la destruction des 300 masques… et 300 histoires… Selon la légende, chaque masque raconte l’histoire d’un village.

 

Le masque a été réinventé à cette époque pour valoriser la puissance sociale et politique du groupe Teke Tsaye. Il fallait bien se remettre de la répression de cette « pacification » française. Le Kidumu était là aussi pour montrer le renouveau et la puissance Teke, histoire de concurrencer le tout puissant Royaume Kongo tout proche. Il s’agit d’affirmer un peu l’orgueil des Teke. D’ailleurs le nom de « Kidumu » évoque deux choses chez les Tsaye, le bruit du tonnerre et la réputation.

 

Le masque Teke a une forme circulaire, avec une forte propension à la symétrie. C’est un assemblage deux de demi-sphères avec un petit décrochement au centre, accentué part une ligne noire parfois rouge où se cache les orifices pour les yeux. Cela donne une sensation d’être face un visage mystique car le masque devient « aveugle ». Le nez au centre du masque donne le sens du masque, donne le haut et le bas. Il est orné de dessins mystiques qui racontent l’histoire du peuple. Cela explique la variété des motifs. Le masque Kidumu est entouré d’une collerette de plumes et de raphia. Ces masques sont de la couleur du raphia rehaussé de blanc à base de kaolin. Principalement, ceux sont des masques faciaux qui ont été réalisé pour la danse. Ceci dit il existe de rares exemples de masques plastron et de case.

 

Sur le haut du masque se dévoile de manière schématique un crocodile ou un scorpion, symbole de moralité.

 

Dans la partie inférieure, on trouve une représentation abstraite du Python au soleil (symbole de pouvoir). Il est évoqué de manière très minimale par quatre écailles formant un cercle. Le cercle blanc de kaolin qui représente le soleil. En dessous les traits représentent le mille-pattes au soleil.

 

Pour le reste des symboles, il représente des indices géographiques pour localiser des lieux sacrés : des étoiles, arc en ciel, des chemins etc.

 

Le porteur de masque Kidumu effectue une danse mystique en faisant la roue ou encore tournoyant sur une main. Cette parade donne un éclairage sur la signification du masque Teke mais connu seulement des autochtones… Une danse qui reste encore bien mystérieuse. Les acrobaties Teke sont encore aujourd’hui réputées pour être les meilleurs danseurs de RDC

 

Le masque Kidumu danse également pour rééquilibrer les énergies, faire table rase des problèmes pour donner une meilleure base pour aller de l’avant. Il danse pour honorer la nature, les mariages et les enterrements ou encore pour les jugements des actes de sorcellerie en menaçant le coupable d’un sabre de bois.

 

Comme chez les Senoufo pour la Daba, il existe un concours agricole chez les Teke qui peut réunir une dizaine membres de clans et autant de danseurs pour soutenir leur champion.

 

A suivre…

 

 

 

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 23:00

kakuungu.jpgLes Suku et les Yaka sont deux ethnies très proches, il fut un temps, ils ont formé un seul et même groupe, même si les Suku sont historiquement une ethnie plus ancienne. Au 16eme siècle les Suku ont fuit le Royaume Congo et se sont installés au sud ouest de la RDC le long de la rivière KWANGO. Les Suku et les Yaka se sont scindés suite à chute de l’empire Lunda-Chokwe au 19eme siècle. Les suku rassemblent aujourd’hui environ 400000 personnes.

 

Dans le domaine de la terreur, le masque Kakuungu est plutôt bien réussi !! A ma connaissance, il s’agit du plus grand masque facial d’Afrique. Il existe bien sûr des masques planches énormes comme les Sirige Dogon. Le musée du Quai Branly expose un superbe exemple de 11 mètres de haut.

 

Le masque Kakuungu est la forme la plus ancienne et la plus puissante chez les Suku. Il se caractérise par sa grande taille, en général, de 80 cm à un mettre de long, avec des joues imposantes et pendantes, avec des yeux mis clos. Ce masque possède toujours la boule sur le menton. La combinaison des couleurs varie selon son ancienneté. Ils passe de la couleur brune au rouge et blanc pour les plus récents. Le rouge exprime le sang, la vengeance, le malin tandis que le blanc symbolise l’espoir et la santé. Il porte aussi une collerette de rafla pour rappeler que la terre est fertile.

 

Le masque Kakuungu doit être grand, il doit être vu et reconnu de loin. Ce masque a été pensé pour être effrayant car il rappelle que l’on doit suivre un mode vie sain pour le bien de la communauté. Ce masque représente également le respect des anciens et a aussi pour vocation de décourager les sorciers à pratiquer leur magie… Le Kakuungu apparaît aussi dans les périodes de crises comme les disettes ou de sécheresse pour chasser les éléments néfastes du village. Malgré son apparence volontaire repoussante, le masque Kakuungu est symbolise la fécondité et le bien être. Il est le gardien du lignage de la communauté. Si j’ai bien compris, les masques Kakuungu étaient aussi utilisés par les Yaka.

 

Ceci dit, le rôle principal du masque Kakuungu, c’est le rite du N-KHANDA. C’est un rite qui commence vers l’âge de raison, vers le début de l’adolescence (10 / 15 ans). C’est une association d’hommes, dont les plus anciens transmettent leurs savoir : Danse, chant, histoires du clan etc.

 

Ce regroupement à pour objectif d’éduquer les jeunes hommes dans leur vie future de adulte, un futur chef de famille. Cette transmission de la tradition orale s’étale sous la forme de « stage » de 1 à 3 ans. A la fin de cette initiation, la circoncision qui marque le passage vers l’âge adulte. C’est un acte symbolique important et c’est à cette occasion que les adolescents changent de nom.

 

Lors de ces rites, le chef de cérémonie, le devin, le YISIDIKA est le seul autorisé à porter le masque. Ceci dit les jeunes circoncis le droit de regarder à travers le masque à la fin de l’initiation.

 

Le masque Kakuungu apparaît une première fois sur la place du village et danse avec les adolescents juste avant leurs départs vers le camp d’initiation. Cette parade a pour but d’attirer les bonnes grâces des esprits. C’est à cette occasion aux adolescents de montrer leur agilité. Puis le YISIDIKA avec les anciens emmènent les adolescents vers le camp.

 

Les masques Kakuungu sont visibles aux alentours du camps d’initiation pour éloigner les indésirables : Etranger, femmes, enfants et mauvais esprits !! Mêmes les jeunes ne connaissent pas le lieu de l’initiation. Ils sont emmenés sur le site, les yeux bandés et les oreilles bouchés. Le culte du secret rend cette initiation plus solennelle.

 

A la fin de l’initiation, les Suku pratiquent un bain rituel dans la rivière suivit d’un jeûne. Une purification du corps et de l’esprit. Pour clôturer le N-KHANDA le masque apparaît une dernière fois comme une bénédiction pour ces jeunes adolescents devenus adultes. Bien sûr le masque danse le jour même de la circoncision.

 

En dehors des périodes de cérémonies, les masques Kakuungu sont conservés dans des boites et cachés dans des petites cases derrière un rideau de feuille de palmier. J’ai aussi lu qu’on pouvait les retrouver dans des petites caves.

 

A suivre…

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 15:16

canne-senufo.jpg

 

Vers septembre / Octobre, chez les Senoufo il existe un concours agricole « DABA» pour élire le champion  des cultures le « SAMBALI ».

 

Cette épreuve est réservée aux jeunes hommes tout fraîchement initiés au culte Poro. Tout le monde ne peut pas y participer… Il me semble que ce concours consiste à faire le plus possible de sillons dans les champs d’igname des agriculteurs âgés. Le vainqueur se voit décerner à cette occasion une canne sculptée par les KALEBELE.

 

Cette compétition a pour objectif de mettre en exergue le talent, la rapidité et le sens de la compétition de ces jeunes hommes. Pour obtenir ce bâton de champion, les participants doivent accomplir un travail arasant et pénible… Tout cela se déroule sous un soleil de plomb et parfois sous une pluie torrentielle…

 

Ce concours stimule, encourage et sensibilise les jeunes gens au sens du travail. C’est l’occasion pour ces hommes de montrer des qualités de courage ou d’endurance pour aider l’ensemble communauté. Cette canne est donc le plus grand honneur qu’un jeune agriculteur Senoufo puisse recevoir.

 

Contrairement au Poro qui est exercé dans l’ombre du secret, ce concours procure un prestige public pour le gagnant. Les participants sont encouragés par la musique mais surtout par la présence de jeunes filles. Ce concours a également des allures de concours d’orgueil. Pour ces hommes c’est la possibilité de montrer leur force, leur habilité,  leur virilité au près des jeunes femmes, leur future épouse….

 

Le trophée d’orgueil, tant convoité, est donc une canne d’agriculteur, que les Senoufo appellent DALEU ou   TEFALIPITYA qui signifie « la jeune fille » (PITAYA) de l’Homme qui travaille à la houe » (TEG la houe et  FALOU le travail).

 

C’est une canne surmontée d’une femme jeune assises sur un tabouret. PITYA est un ancêtre primordial chez  les Senoufo. Elle symbolise la femme, belle, jeune, non mariée et féconde avec ses seins qui pointent . Généralement le bas de la canne consolidé par une pointe de métal.

 

En fait la PIATYA sur le haut de cette canne représente l’épouse parfaite pour le champion des cultures !! Au premier abord on voit dans la DABA un concours agricole mais il s’agit surtout de faire rencontrer les jeunes gens.

 

PITYA s’oppose à DEBLE qui représente la femme accomplie, initiée et entièrement scarifiée. Cette sculpture  est portée par les hommes du PORO lors des processions funéraires.

 

Cette canne octroie un prestige qui perdure au delà de la mort du vainqueur. Au décès de l’agriculteur, le TEFALIPITYA est planté devant sa case… Un hommage ultime pour ce « héros »…

 

A suivre…

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 00:29

 

                                                    ..GA.jpg

 

Les GA sont un peuple qui concentre deux millions personnes dont la ville la plus importante est ACCRA au sud du Ghana. Ils représentent le 4eme groupe ethnique du pays.

 

Les GA donnent à leurs morts une dernière sépulture pour les moins que l’on puisse dire unique et remarquable !!

 

Au début quand j’ai découvert le sujet de ces cercueils, je ne voyais que la fantaisie du travail de sculpture. Puis au fur et à mesure, j’ai compris le poids de la tradition et du paraître pour enterrer les morts. Et j’espère avoir bien retranscrit cette idée.

 

L’origine de ces cercueils date du début du XX ème siècle et ne possède aucune explication légendaire.  Tout commença timidement par menuisier appelé ATA OWOO dont l’imagination était aussi forte que son talent !! Il a pris sous son aile un apprentis qui a fait prospéré et rendu célèbre ces œuvres d’art, il s’agit de  Kana Kwei qui lui-même initia son fils et son neveu.

 

L’activité du cercueil fantaisiste est arrivé à peu près dans les années 35/40 juste a un moment ou le travail a chuté avec le départ des colons qui produisaient des éléments d’avions a la veille de la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle production a réussi à donner un nouvel essor économique pour cette région.

 

Les cercueils sont un assemblage complexe d’une centaine de pièces de bois qui peuvent prendre des formes tout à fait insolites, colorés et tout aussi varié qu’il y a de personnalités. Chaque sculpture est calquée sur la vie du défunt. Les proches s’inspirent d’un trait de caractère, d’un symbole, d’un statut social, du métier du défunt…

 

 Ainsi on trouve des formes toujours TRES REALISTES comme des légumes et végétaux (piment, cacao, oignon…) pour les cultivateurs, un marteau pour un forgeron, une scie pour le menuiser, des poissons ou des barques pour les pécheurs, pour les chauffeurs on va les placer plus facilement dans des cercueils en forme de bus, limousine ou de voiture de luxe !

 

Plus traditionnellement Les Ga sculptent des cercueils en forme d’animaux : Poule, lion, gazelle, zèbre etc. Le motif de l’aigle est plutôt réservé à l’élite politique car cet animal fait référence au dieu SAKUMO tandis que les lions, les crabes ou les coqs sont exclusivement réservé aux chefs des clans car ce sont des animaux mythiques des Ga.

 

Les sculptures les plus récentes deviennent de plus en plus délirantes en ce faisant enterré dans des boites qui prennent des formes des objets du quotidien comme une basket, un téléphone portable ou une bouteille de Coca-Cola !!

 

Pour les rites chrétiens, Les prêtes préfèrent des cercueils en forme de Bible ou de poule. 

 

Les personnes âgées vont même jusqu'à acheter leur cercueil de leur vivant pour être sûr que la sculpture leurs plaisent ! Se sentant mourir et pour avoir un beau cercueil, ils préfèrent économiser sur les frais d’hôpital ou de médicaments.

 

Au Ghana, enterrer un proche, n’est pas une chose qui est évidente car il n’existe pas comme en Europe des structures de Pompe Funèbre et c’est la famille et les proches du défunt qui doivent prendre en charge l’inhumation. Ils font la publication d’affiches avec le déroulement de l’enterrement : Le nom du mort, lieu du cimetière ou l’horaire pour la veillé funèbre…

 

J’ai été surpris de comprendre que les morts ne sont pas enterrés immédiatement et les corps peuvent rester à la morgue jusque 3 ans, le temps de réunir les fond pour organiser les funérailles…

 

La famille sort le corps de la morgue et le transporte dans une ambulance, car les corbillards sont rares. Ils font le dernier voyage du défunt et sur la route, certaines personnes lui rendre hommage en jetant sur le sol de l’alcool blanc (schnaps, eau de vie…) C’est une offrande qui vise à attirer la protection des ancêtres.

 

 

 

Le mort est présenté dans la maison des ancêtres et il reçoit des libations. Le soir venu, la famille proche va, laver, habiller et asseoir le défunt. Mettre le défunt assis sur la chaise, c’est la mettre dans une position de vivant, une idée de retarder la mort peut être … Puis les plus âgés arrivent pour vérifier que tout est correct et ce n’est qu’a se moment là que la famille, la communauté peuvent rendre hommage à la personne.

 

C’est seulement le lendemain de la présentation du mort que se tient devant la maison des ancêtres, un office religieux. Le mort n’est plus assis sur une chaise mais allongé sur un lit. C’est à ce moment précis que tout le monde découvre le cercueil pour la première fois.

 

C’est ici que le mort prend sa place dans ce fabuleux cercueil  et les femmes lui font un dernier hommage en chantant.

 

Les chants d’adieu qui accompagnent le mort sont importants car ils ouvrent le contact avec l’autre monde, celui des ancêtres. Le chant permet aussi de faciliter le deuil. Je suppose que faire l’enterrement au bout de 6 mois, c’est un peu comme une deuxième mort. C’est une tradition qui est quand même dure moralement.

 

L’enterrement est n’est pas seulement le simple fait de mettre en terre une personne mais il s’agit de préparer le mort à sa nouvelle vie car les Ga croient en la réincarnation. Ils pensent par exemple que le chef est la réincarnation des ancêtres. Les morts rejoignent les ancêtres et non les dieux.

 

Le faste de ces enterrements rende hommage à leurs morts mais il s’agit aussi de s’attirer la bienveillance des esprits ! Ils pensent que les esprits sont plus influencent que les morts et influencent les vivants. C’est pour ça que les Ga ne comptent pas à la dépense et n’hésite pas à dépenser l’équivalent de plusieurs années de salaire pour honorer un proche. Bien souvent les proches doivent se cotiser pour payer les obsèques, il n’y a que les riches notables qui puissent acheter ces cercueils et les prestations qui l’accompagnent sans faire un (trop) lourd emprunt.

 

Chaque enterrement cause beaucoup de tracas car non seulement cela touche la famille mais aussi toute la communauté. En général tout le monde se déplace, même pour une personne inconnue sinon personne ne viendra à l’enterrement qu’ils organiseront. D’ailleurs cette pression sociale demande beaucoup d’énergie et d’argent pour le repas de la veillé funéraire

 

Pour l’occasion, ils doivent se fabriquer de nouveaux vêtements, rouge et noir pour la veille de l’enterrement et habits blancs le jour de l’inhumation. Traditionnellement, les petits enfants du défunt portent le même tissu pour plus facilement les identifier.

 

 Les enterrements sont tellement onéreux que l’Etat est déjà intervenu pour limiter les frais, mais ce fut un coup d’épée dans l’eau, la tradition est trop forte… C’est une question de prestige qui va de paire avec la respectabilité de la famille… Ca commence en general un vendredi et peu durer de quelques jours à 3 semaines. La facture peut s’alourdir encore quand la famille embauche des musiciens ou effectue le sacrifice d’une bête si la personne est de haut rang… Il fut un temps lointain où ils pratiquait le sacrifice humain…………………

 

Chaque enterrement est une course à l’extravagance avec des cercueils pouvant faire deux mètres de haut et jusqu'à trois mettre de large !!  D’ailleurs c’est impressionnant de voir déambuler un poison multicolore géant au-dessus de cette foule dense.

 

 

A suivre…

 

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 16:12

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Les Senoufo sont une ethnie qui vit au nord de la Côte d’Ivoire et déborde sur le Mali et le Burkina Faso. Ils rassemblent un million et demi de personnes.

 

Coté religion, ils croient en certain dieux comme Koulotiolo ou Katielo, créateurs du monde. (Je développerais le un peu plus tard)

 

Décrivons un peu le Kafigeledjo. C’est une sorte de marionnette dont seuls les deux bras sont amovibles L’asymétrique des extrémités est indispensables pour cette sculpture : un bras plus long de quelques centimètres ou un bras fourchu ou un bras une pointe de fer.

 

Il est masqué par un tissu grossier, en général fin et très sale !! Il est coutume que les senufos utilisent de la toile de jute pour l’habiller, dont un tissu plutôt réservé pour faire des sacs. Seuls les bouts des bras et des jambes ne sont pas recouverts. C’est ce même tissu qui maintient les deux bras articulés.

 

La tête porte une couronne de Plumes plus ou moins dense. Les cauris marquent simplement l’emplacement des yeux et de la bouche. On trouve également des charges faites à partir de fer, de piques de porc-épic ou d’ossement d’oiseaux.

 

Les Kafigeledjo sont réalisés par une société secrète du culte PORO que l’on nomme les Kulebele. Il s’agit de l’élite masculine plutôt âgée, les sages de la culture Senufo.

 

A la sortie des villages Senoufo, il existe des sanctuaires qui sont sacrés par les ancêtres et les esprits de la brousse. Des forêts où les sculpteurs puissent le bois pour faire ces terrifiantes marionnettes.

 

Pour augmenter la force magique ainsi que leurs aspects repoussants, ces Kafigeledjo reçoivent des libations à base de sang de poulet, de boue, d’œuf, épines de porc-épic, de bouillie etc.

 

Les plumes sont les derniers éléments qui accompagnent la marionnette. Ils sont le signe que le sculpteur a jeté les sorts pour activer le potentiel magique du Kafigeledjo.

 

Par excellence c’est l’objet anti-esthétique car il est créé pour inspirer l’anxiété, la peur etc. Par exemple la cagoule que porte le Kafigeledjo doit provoquer pour son interlocuteur une sensation de suffocation, de malaise irrationnel. Cette cagoule angoisse aussi car elle cache la sculpture. L’objet devient anonyme. Les vivants non initiés ne sont surement pas digne de voir son visage…

 

Plus son aspect est rude, plus son pouvoir est grand. D’ailleurs il suffit de montrer un Kafigeledjo à un Senoufo pour le terroriser !! Il ne le touchera même pas !! Il fait peur à la fois les adultes et les enfants. Les plus jeunes ne doivent pas comprendre la crainte de la sentence de la sculpture, mais la craigne sûrement par mimétisme des plus grands ou pour les histoires racontées par les anciens…

 

Cette marionnette signifie « celui qui raconte des choses blanches ». La blancheur est symbole de pureté et donc par analogie « raconte la vérité ».

 

Le Kafigeledjo est donc utilisée pour les rites de justice qui pouvait aboutir à une peine de mort. Il possède le don de déceler les faux témoignages de manière infaillible, de détecter les actions illégales ou immorales ou encore surnaturelle… Par sa seule présence les sorciers se dénoncent d’eux mêmes…

 

Le Kafigeledjo est bien le garant d’une ligne de conduite droite et intervient dans des affaires de vols ou de crimes. Il a pour objectif de rétablir l’ordre dans le village.

 

Le Kafigeledjo a un pouvoir offensif sur le monde terrestre mais aussi sur celui du milieu surnaturel. Il poursuit les criminels après la mort pour ceux qui ne respectent pas une vie morale droite comme les règles de vie sexuelle, le viol, les mariages en dehors du clan etc…

 

Les Kafigeledjo sont aussi utilisés par une société secrète appelé les SANDOGO, une organisation exclusivement composée de femmes devin dont l’accès est réservé aux hommes les plus éclairés. Les Sandobele pratiquent le TYELY. (Je n’ai pas trouvé d’info sur cette pratique) Elles ont pour charge également de régir des questions liées au gouvernement. Elles veillent à l’éducation religieuse et surveillent les rituelles comme les inhumations.

 

D’après ce que j’ai pu comprendre, après un crime dans la communauté, tout le village est CONVOQUE sur la place publique. Le Kafigeledjo est annoncé par la venue de deux masques. Les masques du Poro s’avancent : D’abord le masque de la sagesse puis le masque de la justice. Et c’est ensuite que le porteur de la marionnette entre en scène. Il est en transe et le danseur manipule les deux bras Kafigeledjo de haut en bas de manière frénétique. Danse, Danse, Danse et s’arrête… Et… Le bras fourchu désigne le coupable… Et donne une sentence…

 

C’est lors de cette cérémonie que l’on se rend compte qu’il existe un contraste saisissant entre la beauté, la finesse de ces masques avec la brutalité du Kafigeledjo…

 

Apres la cérémonie, il retourne dans le sanctuaire sacré, dans une petite cabane, sous la protection des esprits…

 

Il existe également une variante au Kafigeledjo, c’est le Kafinaforo qui sont utilisé par les chasseurs. Les LUZUUBII forment la société qui s’appelle LUZOGE. Pour intégrer ce regroupement, il faut absolument avoir l’accord de la famille. Il faut aussi avoir une ligne de conduite droite, avec le sens de l’honneur ou encore respect et obéissance envers son maître.

 

Merci à la galerie " PIERRON Primitive Arts" de Nice de m'avoir donné la photo du Kafigeledjo Si vous souhaitez le contacter pierronprimitivearts@live.fr

 


A suivre…

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 22:42

 

 

Proche du peuple Lobi, les GAN sont une ethnie discrète du sud ouest du Burkina Faso dont la capitale est OBIRE. Ils pratiquent le culte du secret et tout est systématiquement enterré ce qui pose quelques problèmes pour la recherche sur leurs créations. Elles se cristallisent avant tout dans la fonte de petits objets majoritairement en cuivre et en bronze mais aussi un peu de laiton Leurs objets prennent la forme de bagues, pendentifs, bracelets, amulettes, torques et des Cloches funéraires. Pour l'annecdocte, les cloches sonnent pendant l'agonie du roi et se taisent à sa mort...

 

Ce peuple se repartissent entre 4 clans portants des noms d'animaux que l'on retrouve dans les créations GAN : Farma (le crocodile), Suwan (le python), Thaarma (le singe), et Khama (la tourterelle)

 

L'objet qui m'intéresse, le Torfan, est un serpent de bronze de 30 centimètres et pouvant atteindre les un 1m40. En général il possède 2 à 10 têtes mais dans de plus rare cas il est représenté avec une seule tête, la version du serpent avant sa transformation.

 

 

On retrouve également ce serpent à têtes multiples sous la forme de Bracelet que l'on nome "debira". Ils sont utilisés pour éloigner les dangers et les actions occultes néfastes...

 

GAN2.jpg

 

Les Torfan à deux têtes sont plutôt réservée pour la divination, tandis que les autres sont sortis pour des rites liés à la médecine, la protection du village ou pour aider à obtenir de bonnes récoltes.

 

En langue KAASA, "TORFA" signifie "Savoir Faire", donc réservé à une élite de connaisseurs. Plus le Torfan possède de têtes plus il est puissant, Donc plus il est difficile de le contrôler et ainsi réservées aux personnes d'expériences. Seules les personnes âgées, qui ont acquis assez de maturité, peuvent maîtriser la puissance du Torfan.

 

Les Gan ont peu de forgerons et pour la fonte ils ont du faire appel à un peuple voyageur spécialisé dans la fabrication de bijou et d'objets de forge : Les Lohron. On suppose une origine Mande. Ils avaient une clientèle d'origine vaste et cela pose un problème sur les styles des objets. Leur itinérance a eut pour conséquence une multitude influence.

 

En général en Afrique, le forgeron est a mi chemin entre le sorcier (problème les secrets du feu) et le devin, entre artiste et artisan. Mais une chose est sûre, le forgeron Gan est un guérisseur!!

 

GAN1.jpg

 

Le serpent Torfan apparu pour la première fois dans le miel. Un villageois fut surpris de découvrir cet animal dans ce nectar et lui donna un coup de couteau, mauvais réflexe... Le sang fut malheureusement versé et cet homme fut "foudroyé"... Il tomba malade et consultât les Oracles. Le devin lui conseilla de fondre dans le métal ce serpent comme un fétiche de protection.

 

Voila comment le sujet des Torfan est apparu dans la culture GAN et ceci explique son rôle dans les rites liés à la médecine et dans la lutte contre le malin...

 

Un des pouvoirs du Torfan que l'on connaisse, c'est ça capacité à faire sortir  le "mauvais" des personnes. Le guérisseur, qui utilise le Torfan pour soigner, doit beaucoup parler avec son patient, pour faire sortir le mal en lui, ses idées malsaines et méchantes. Il soigne l’esprit avant le corps…

 

Pour pouvoir être soigné, une confiance doit se mettre en place entre les deux personnes avant que la magie opère...

 

Merci à Giovanna Serafini pour les photos du bracelet et de la jambière. www.noireivoiretribalart.com 

 

A suivre...

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:58

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          Il était une fois un monde un monde divisé en deux parties. Ce microcosme était régenté par le ciel, l’Orun, le grand dieu l’univers, un dieu masculin tellement puissant que prononcer son nom était interdit. C’est OLORUN. En bas, selon la légende notre planète n’était qu’une boule d’eau commandée par une femme, OLOOOKUN.

 

          L’inévitable arriva… OLORUN et OLOOOKUN s’unifièrent et eurent beaucoup d’enfants !! Je plaisante, seulement deux enfants. L’ainé, le dieu de la blancheur, ORISHALA. Par moment on l’appelle aussi OBATA. Son frère ODUDUA est le plus dégourdi Son nom signifie le « dieu tout puissant », sous entendu sur le monde des mortels

 

         OLORUN demanda à son premier fils d’entreprendre la création de la terre. Pour cela son père lui donna 3 éléments pour sa tâche. Une chaine pou descendre du ciel, (j’aime bien le coté pratique, les dieux, ca ne volent pas !!) un coquillage rempli remplis de terre, et une poule à cinq griffes pour permettre d’étaler la terre sur ce milieu aquatique !!

 

          Ce fut un échec car il s’est « endormi » au cours de la descente… ORISHALA a abusé du vin de Palme !! OLORUN, déçu, demanda à ODUDUA de reprendre la création de la terre. Il obtient donc le pouvoir suprême sur la terre, c'est-à-dire AIYE. Il s’installa à ILE IFE, qui signifie « la dispersion de la terre ».

 

        Cependant ORISHALA entra dans une colère noire et le père pour le calmer lui demanda de créer les hommes et leur environnement. Comme quoi sans le vin de Palme, on ne serait pas encore né !!

 

A suivre...

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 10:27

Oxystelma_bornouense_MS4282.jpg

 

 

   

Le NONFO ou appelé aussi l’Oxystelma bornouense est une plante parasite de l’acacia. Cette plante grimpante qui donne de belles fleurs avec un cœur couleur cramoisie. Ce n’est pas a proprement dit une plante « tueuse » mais c’est l’usage que les Hommes ont de la plante qui la lie avec la mort…

   

 

 

 

 

Au Mali, les Bambara, l’utilisent pour confectionner des fouets… Pire encore dans le cadre de différents cultes, comme dans la chasse aux sorciers et aux sorcières… Ils ne sont pas tués mais ils sont ligaturés avec le Nonfo et cachés dans d’épais buisson jusqu’à… Une mort lente et certaine…

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