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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:25

 

C’est dans cette région derrière l’embouchure de Longola que les femmes ont produit tout en ensemble de terre-cuites destinées aux soins, aux cultes des morts, la chasse ou encore pour la dénonciation de voleur. Seules les femmes avaient assez de pratique pour manipuler la terre crue. Des mains qui sont devenu expertes à force de modeler la vaisselle du quotidien.

 

01

 

Dans ce mouchoir de poche on trouve de part et d’autre de la rivière Gongola: les Cham, les Tongale et leur sous groupe les Yungur et les Ga’anda.

 

L’attribution des terre-cuites de ces ethnies reste compliquée, hormis celles placées des sanctuaires. D’une part leurs styles sont très proches et d’autre part ces objets sont cachés dans la brousse pour qu’ils soient efficaces et que leur magie opère.

 

Pour faire une terre cuite efficace, cela se passe en deux temps. D’abord le patient consulte un devin. Il va prendre un brin d’herbe et va l’entourer d’une boule de terre fraiche. Elle va prendre une forme que le devin va interpréter pour découvrir l’esprit qui se cache derrière la maladie.

  

Puis le devin produit ou demande la fabrication une terre cuite figurative pour cette boule de terre, soit en fait une cage pour cet esprit malin. Puis le tout est soit placé dans un temple hors du village ou plus radicalement banni hors du village dans la nature pour aider à la guérison.

  

Chez Cham, il existe une poterie curative étonnante. On l'approche du malade, et elle aspire la maladie à l'intérieur. (Voir ci dessous)

  

  cham cedric1   

  

Ces terre-cuites figuratives ne sont pas de simple réceptacle mais bien des objets bénis qui protègent les vivants. Dans cette région, ils pensent tous que les esprits et les ancêtres jouent un rôle influant sur la santé des vivants.

  

Ces catalyseurs hautement dangereux peuvent prendre la forme des esprits nuisibles pour les apaiser ou représenter de la maladie dans un but curatif plus expéditif ! Ces dernières portent les signes physiques de la maladie du patient. Ces symptômes donnent d’ailleurs le nom à la terre cuite comme c’est le cas chez les Mwana.

 

Exemple : Les Kwandalha produit par les Longula sont moulés pour soigner les maladies liées à la femme : Règles douloureuses, difficultés pour concevoir un enfant etc. Ce sont des terres cuite bouche béante qui abordent les esprits malfaisants responsable des maladies.

 

 londula kwandalha         londula kwandalha 1  

 

 

 londula-kwandalha-3.jpg    CHAM-kwadalha.jpg

 

 

Exemple : Dans la région Cham / Mwana ; les croyants fabriquent des petits pots pour les maladies infantiles qui portent les stigmates des maladies. En général il s’agit de montrer les problèmes de peau comme la Varicelle et qui s’appellent Feru

 

 CHAM-FERU.jpg   

Proche des Longula, les Yungur vivent à l’est de la rivière Gongola en petits groupes clairsemés dont le lieu sacré est la colline de Dieterra. Comme chez les Cham, ils produisent toute une série de terre-cuites qui représentent des invocations d’esprits pour aider à soigner les personnes.

 

Les Yungur modèlent également des terres cuites d’apparence humaine pour abriter les esprits de chef que l’on nomme Wiiso (en moyenne une cinquantaine de centimètres). Chaque porterie est petit bijou et représente un visage différant. On pourrait presque parler de portrait tellement les traits sont uniques. Ils ont une richesse de détails entre les dents en pointe, les coiffures, les scarifications etc.

 

En Avril les Yungur fête la « Mama » pour avoir des terres fertiles et de bonnes récoltes. C’est à cette occasion qu’ils enterrent des petites terre-cuites dans les champs. Le chef, le Mukan, quant à lui, fait la même offrande mais dans un sanctuaire.

 

 

Yungur-mama.jpg

 

Les Ga’anda ne sont pas originaire de la région car à les entendre parler ils viennent du Tchad. Ils vivent à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun dont le centre religieux le plus important est Mukan. Une énorme ceinture rocheuse (qui rejoint Mokwar) où les croyants déposent les poteries. Ils ont une production de terre cuites funéraires qui diffèrent de leurs voisins.

 

A la mort de l’un des leurs, les Ga’anda créent tout un ensemble de terre cuites funéraires pour recueillir leurs esprits : Les Hlefenda (pl Hlendeca) De manière traditionnelle ont les trouve par exemple caché prés des habitations avec des socles formés avec trois branches ou dans petite case sur pilori. Les terres cuites sont gardées pendant une année puis cassée pour libérer l’âme du défunt. Ces poteries reçoivent des offrandes pour apaiser et recevoir la bienveillance des esprits. On reconnaît ces terres cuites par leurs nombrils saillants et cette décoration qui s’inspire des scarifications des femmes (Hleeta) qui deviennent mature.

 

Il existe des versions plus petites et simplifiées appelées Sambarca. Les esprits continuent de côtoyer les vivants du fond de leurs pots. Une manière de se séparer en douceur d’être cher.

 

Les Ga’anda produisent des autels « KETN BUUCA », la chambre des pots. C’est une zone sacrée gardée par un ou deux hommes. C’est un enclos rond discontinu de poteries sur un rayon de 1,50m à peu prés, tout en laissant une entrée.

 

Au centre deux terres cuites Masculines importantes : les Mbirlen’nda. La plus grande renferme l’esprit du défunt et la seconde l’esprit ancestral du clan Ga’anda.

 

gaanda2.jpg

 

Tout autour des deux Mbirlen’nda, des poteries féminines forment le cercle (les Hlendeca et les Sambarca). Ces poteries ne sont pas sexuées mais elles sont bien féminines par le dessin des scarifications qu’elles arborent. Ces vases renferment des esprits des anciens pour protéger les deux Mbirlen’nda.

 

Gaanda luc

 

Cet enclos, est bien sûr préservé dans un lieu discret et entretenu par un ou deux gardiens. Ce Ketn Buuca est aussi protégé par paravent de hautes herbes. Les Mbirlen’nda comportent dans leurs décorations des marques de maladies de peau, un signe d’avertissement pour ceux qui manquent de respect envers la chambre des pots…

 

Les Ga’anda ont créés un autre type de récipients pour contenir les esprits nuisibles qui ne veulent pas partir vers l’autre monde.

 

GAANDA

 

Chez les Ga’anda il existe également une  Terre cuite médicale étonnante.  Le devin  mettait des morceaux de vêtements du malade dans le pot pour le guérir.

 

 gaanda1

 

 

 Merci aux collectionneurs qui m'ont donné l’autorisation de partager leurs objets sur mon blog. ^__^

 

A suivre...

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Published by kakuungu.over-blog.com - dans Cham
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