Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 00:18

 

C’est une cérémonie qui est prise en charge par les anciens et les jeunes en cours d’initiation au culte Poro. On peut dire qu’ils ont entre 16 et 20 ans, c'est-à-dire que ces jeunes hommes ont reçu l’éducation de la discipline et le sens du respect du clan. Ceux sont les TYOLOBELE.

 

C’est une période dure durant laquelle ils ont seulement le droit de revêtir un simple pagne face au rude climat. Il faut une grande motivation !

 

Les Tyolobele sont présent pour préserver la communauté comme aider les personnes âgées ou mettre leur vigueur au service de la protection du village

 

Dans leurs taches, ils ont également la responsabilité d’organiser les cérémonies funéraires.

 

Parmi les croyances Senoufo, les âmes sont attachées à leurs corps et à la terre. Le culte Poro est là pour chasser les esprits vers l’autre monde.

 

Donc le défunt est emmitouflé dans un linge tissé dans une seule pièce de tissu et placé sur un lit en bois monoxyle

 

Les hommes se positionnent tout près du corps et tournent tout autour lui.

 

Des Tyobele font vibrer les NANAA, une sorte de grande trompe au son grave tandis que d’autres marquent le rythme avec des tambours, les TYOBIGE.

 

Les anciens aussi présents pour encadrer la cérémonie tambourine avec le TYEPINGDAANA avec une longue baguette courbée.

 

Pendant cette ronde, un Tyobele monte sur le lit et pose sur le mort un mini tambour. Alternativement il tape sur le tambour et fait retentir une cloche. La cloche est un signe fort qui symbolise l’élévation de l’âme. Elle s’arrête de tinter quand tout est fini. Chez leur voisin les GAN, la cloche retentit pour l’agonie du roi et s’arrête a sa mort.

 

L’âme peut ainsi sortir du mort…

 

Discrètement à cette scène, se trouve les jeunes hommes en cours d’initiation qui sont recouvert de tissu de la tête aux pieds. Surement les panthères Fre…

 

A suivre…

 

 

Repost 0
Published by kakuungu.over-blog.com - dans SENOUFO
commenter cet article
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 15:16

canne-senufo.jpg

 

Vers septembre / Octobre, chez les Senoufo il existe un concours agricole « DABA» pour élire le champion  des cultures le « SAMBALI ».

 

Cette épreuve est réservée aux jeunes hommes tout fraîchement initiés au culte Poro. Tout le monde ne peut pas y participer… Il me semble que ce concours consiste à faire le plus possible de sillons dans les champs d’igname des agriculteurs âgés. Le vainqueur se voit décerner à cette occasion une canne sculptée par les KALEBELE.

 

Cette compétition a pour objectif de mettre en exergue le talent, la rapidité et le sens de la compétition de ces jeunes hommes. Pour obtenir ce bâton de champion, les participants doivent accomplir un travail arasant et pénible… Tout cela se déroule sous un soleil de plomb et parfois sous une pluie torrentielle…

 

Ce concours stimule, encourage et sensibilise les jeunes gens au sens du travail. C’est l’occasion pour ces hommes de montrer des qualités de courage ou d’endurance pour aider l’ensemble communauté. Cette canne est donc le plus grand honneur qu’un jeune agriculteur Senoufo puisse recevoir.

 

Contrairement au Poro qui est exercé dans l’ombre du secret, ce concours procure un prestige public pour le gagnant. Les participants sont encouragés par la musique mais surtout par la présence de jeunes filles. Ce concours a également des allures de concours d’orgueil. Pour ces hommes c’est la possibilité de montrer leur force, leur habilité,  leur virilité au près des jeunes femmes, leur future épouse….

 

Le trophée d’orgueil, tant convoité, est donc une canne d’agriculteur, que les Senoufo appellent DALEU ou   TEFALIPITYA qui signifie « la jeune fille » (PITAYA) de l’Homme qui travaille à la houe » (TEG la houe et  FALOU le travail).

 

C’est une canne surmontée d’une femme jeune assises sur un tabouret. PITYA est un ancêtre primordial chez  les Senoufo. Elle symbolise la femme, belle, jeune, non mariée et féconde avec ses seins qui pointent . Généralement le bas de la canne consolidé par une pointe de métal.

 

En fait la PIATYA sur le haut de cette canne représente l’épouse parfaite pour le champion des cultures !! Au premier abord on voit dans la DABA un concours agricole mais il s’agit surtout de faire rencontrer les jeunes gens.

 

PITYA s’oppose à DEBLE qui représente la femme accomplie, initiée et entièrement scarifiée. Cette sculpture  est portée par les hommes du PORO lors des processions funéraires.

 

Cette canne octroie un prestige qui perdure au delà de la mort du vainqueur. Au décès de l’agriculteur, le TEFALIPITYA est planté devant sa case… Un hommage ultime pour ce « héros »…

 

A suivre…

Repost 0
Published by kakuungu.over-blog.com - dans SENOUFO
commenter cet article
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 16:12

kafigeledjo.jpg

 

Les Senoufo sont une ethnie qui vit au nord de la Côte d’Ivoire et déborde sur le Mali et le Burkina Faso. Ils rassemblent un million et demi de personnes.

 

Coté religion, ils croient en certain dieux comme Koulotiolo ou Katielo, créateurs du monde. (Je développerais le un peu plus tard)

 

Décrivons un peu le Kafigeledjo. C’est une sorte de marionnette dont seuls les deux bras sont amovibles L’asymétrique des extrémités est indispensables pour cette sculpture : un bras plus long de quelques centimètres ou un bras fourchu ou un bras une pointe de fer.

 

Il est masqué par un tissu grossier, en général fin et très sale !! Il est coutume que les senufos utilisent de la toile de jute pour l’habiller, dont un tissu plutôt réservé pour faire des sacs. Seuls les bouts des bras et des jambes ne sont pas recouverts. C’est ce même tissu qui maintient les deux bras articulés.

 

La tête porte une couronne de Plumes plus ou moins dense. Les cauris marquent simplement l’emplacement des yeux et de la bouche. On trouve également des charges faites à partir de fer, de piques de porc-épic ou d’ossement d’oiseaux.

 

Les Kafigeledjo sont réalisés par une société secrète du culte PORO que l’on nomme les Kulebele. Il s’agit de l’élite masculine plutôt âgée, les sages de la culture Senufo.

 

A la sortie des villages Senoufo, il existe des sanctuaires qui sont sacrés par les ancêtres et les esprits de la brousse. Des forêts où les sculpteurs puissent le bois pour faire ces terrifiantes marionnettes.

 

Pour augmenter la force magique ainsi que leurs aspects repoussants, ces Kafigeledjo reçoivent des libations à base de sang de poulet, de boue, d’œuf, épines de porc-épic, de bouillie etc.

 

Les plumes sont les derniers éléments qui accompagnent la marionnette. Ils sont le signe que le sculpteur a jeté les sorts pour activer le potentiel magique du Kafigeledjo.

 

Par excellence c’est l’objet anti-esthétique car il est créé pour inspirer l’anxiété, la peur etc. Par exemple la cagoule que porte le Kafigeledjo doit provoquer pour son interlocuteur une sensation de suffocation, de malaise irrationnel. Cette cagoule angoisse aussi car elle cache la sculpture. L’objet devient anonyme. Les vivants non initiés ne sont surement pas digne de voir son visage…

 

Plus son aspect est rude, plus son pouvoir est grand. D’ailleurs il suffit de montrer un Kafigeledjo à un Senoufo pour le terroriser !! Il ne le touchera même pas !! Il fait peur à la fois les adultes et les enfants. Les plus jeunes ne doivent pas comprendre la crainte de la sentence de la sculpture, mais la craigne sûrement par mimétisme des plus grands ou pour les histoires racontées par les anciens…

 

Cette marionnette signifie « celui qui raconte des choses blanches ». La blancheur est symbole de pureté et donc par analogie « raconte la vérité ».

 

Le Kafigeledjo est donc utilisée pour les rites de justice qui pouvait aboutir à une peine de mort. Il possède le don de déceler les faux témoignages de manière infaillible, de détecter les actions illégales ou immorales ou encore surnaturelle… Par sa seule présence les sorciers se dénoncent d’eux mêmes…

 

Le Kafigeledjo est bien le garant d’une ligne de conduite droite et intervient dans des affaires de vols ou de crimes. Il a pour objectif de rétablir l’ordre dans le village.

 

Le Kafigeledjo a un pouvoir offensif sur le monde terrestre mais aussi sur celui du milieu surnaturel. Il poursuit les criminels après la mort pour ceux qui ne respectent pas une vie morale droite comme les règles de vie sexuelle, le viol, les mariages en dehors du clan etc…

 

Les Kafigeledjo sont aussi utilisés par une société secrète appelé les SANDOGO, une organisation exclusivement composée de femmes devin dont l’accès est réservé aux hommes les plus éclairés. Les Sandobele pratiquent le TYELY. (Je n’ai pas trouvé d’info sur cette pratique) Elles ont pour charge également de régir des questions liées au gouvernement. Elles veillent à l’éducation religieuse et surveillent les rituelles comme les inhumations.

 

D’après ce que j’ai pu comprendre, après un crime dans la communauté, tout le village est CONVOQUE sur la place publique. Le Kafigeledjo est annoncé par la venue de deux masques. Les masques du Poro s’avancent : D’abord le masque de la sagesse puis le masque de la justice. Et c’est ensuite que le porteur de la marionnette entre en scène. Il est en transe et le danseur manipule les deux bras Kafigeledjo de haut en bas de manière frénétique. Danse, Danse, Danse et s’arrête… Et… Le bras fourchu désigne le coupable… Et donne une sentence…

 

C’est lors de cette cérémonie que l’on se rend compte qu’il existe un contraste saisissant entre la beauté, la finesse de ces masques avec la brutalité du Kafigeledjo…

 

Apres la cérémonie, il retourne dans le sanctuaire sacré, dans une petite cabane, sous la protection des esprits…

 

Il existe également une variante au Kafigeledjo, c’est le Kafinaforo qui sont utilisé par les chasseurs. Les LUZUUBII forment la société qui s’appelle LUZOGE. Pour intégrer ce regroupement, il faut absolument avoir l’accord de la famille. Il faut aussi avoir une ligne de conduite droite, avec le sens de l’honneur ou encore respect et obéissance envers son maître.

 

Merci à la galerie " PIERRON Primitive Arts" de Nice de m'avoir donné la photo du Kafigeledjo Si vous souhaitez le contacter pierronprimitivearts@live.fr

 


A suivre…

Repost 0
Published by kakuungu.over-blog.com - dans SENOUFO
commenter cet article