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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:37

 

Jai voulu m’attarder sur cette sombre histoire pour mieux comprendre, pourquoi les Teke Staye ont eut besoin de créer le masque Kidumu pour retrouver confiance en eux-mêmes. Montrer leurs traditions sont fortes et bien vivante !

 

Le 13 avril 1900, l’Etat français modifie le régime de financement des colonies dans le but de limiter les dépenses, c'est-à-dire les salaires des fonctionnaires, de l’armée et de tout les frais qui pouvaient en découler…

 

Les têtes pensantes ont décide de faire payer les populations locales d’un impôt à tout les « indigènes ». Puisque les métropolitains s’acquittent d’impôts, les autochtones devront faire la même chose. Une conséquence logique selon les colonisateurs car ils apportaient « la paix » et « la sécurité »… La machine coloniale des persécutions se mis en route de manière progressive.

 

En 1905, une série d’articles dénonça ces atrocités sur le « scandale Congo ». Le gouvernement décida le 25 février d’envoyer une commission d’enquête au Congo. Un leurre pour rassurer les français puisse que les conclusions étaient déjà écrites avant même le départ de ce groupe. « Tout va très bien » et les problèmes causés sont le résultat de guères intestines locales…

 

La politique de terreur s’aggrava très vite avec la chute du prix du caoutchouc de 1913 et aussi pour faire face à la puissance grimpante capitaliste des USA. La révolution industrielle s’impose rapidement.

 

Les français possédaient une grosse usine de production de caoutchouc, la « compagnie Concessionnaire Ongomo ». Elle tournait à plein régime, au top de sa rentabilité mais ce ne fut pas assez pour les colonisateurs.

 

Les colons « percevaient » les impôts de force en pillant les cultures ou en prélevant les ivoires…

 

Bien sûr, les populations ont refusé de payer cette taxe de 5 francs par personne pour participer à leurs mises en cage ! Ils ont été dominés rapidement. Comment pouvaient-ils se défendre avec des lances, des arcs et flèches face aux pétoires ces colons. Ils ont mis sous leurs férules des ethnies comme les Teke Staye, les Kota ou les Nzabi.

 

Des zones entières ont refusé de payer cet impôt comme la forêt de CHAILLU. Face à cette monté de révoltes, les colons ont mis en place des camps d’enferment de femmes, d’enfants, de mauvais payeurs, de chef de village etc. Des heurts armés ont aboutis également à la mise en place de nouveaux chefs de clan…

 

De plus les populations ont été contraintes au travail obligatoire pour construire les routes ou les chemins de fer. D’ailleurs ces traverses de chemin de fer sont utilisées aujourd’hui pour faire des copies, vieux bois, mais une sculpture récente.

 

Les colons réussi à maintenir la terreur physique en pratiquant des pelotons d’excusions de plus en plus atroce, on passe de un à deux morts à deux cent personnes d’un coup… Un exemple connu, l’exécution de Franceville d’aout 1913, on déplora plus de deux cents morts. Les corps étaient comme à chaque fois placés le long des routes ou en lisière de foret pour le décompte de « l’administration » mais il faut surtout y voir un signe de la suprématie coloniale, une arme dissuasive forte… Une bien triste image…

 

Cela a eut pour conséquence aussi de la délocalisation et la dislocation des villages entiers. Toute l’économie tribale qui s’effondre. Pour fuir la tête haute, ces hommes pratiquaient la technique de la « terre brulée ». Partir et ne rien laisser derrières eux. Une situation qui provoqua une détresse psychologique et un désarroi facilement compréhensible… Cela marqua aussi le début de la famine… Les villages qui se reconstituaient, étaient désorganisés, minuscules, insalubres… Un semblant de vie reprend discrètement.

 

Les colons ne connaissaient pas bien la géographie des lieux et cela sauva quelques villages. Un Teke Staye raconte qu’une fois les colons sont arrivé un jour de brouillard et ils ne trouvèrent que trop tard le village. Les Teke avaient réussi à prendre la fuite grâce à l’annonce faite au tambour.

 

Les colons entretenaient cette terreur quotidiennement, selon les rescapés de cette période, ils tiraient des coups de feu en l’air tout les soirs…

 

Il faut attendre le ministre Clementele en 1906, choqué, pour tenter de mettre fin à cette politique de peur et pour mettre fin à cette taxe « La perception de cet impôt de devra plus être le principal souci de l’administration » Malheureusement l’application ne fut pas vraiment immédiate.

 

En 1908 les Français cèdent la place aux belges…

 

La paix revient suite aux retraits des colons qui avaient d’autres préoccupations… La seconde guerre mondiale arrive…

 

Entre 1927 et 1934, l’économie agricole reprend tout comme la production de caoutchouc est à nouveau sur les rails en direction de l’Europe.

 

La région connu un essor grâce à la découverte de mines d’or aux alentours de la région de Mbinda qui fut exploité jusque dans les années 50.

 

A suivre…

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 01:12

 

 

 

 

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Le peuple Teke (appelé aussi Bateke ou Tio) est une ethnie qui a longtemps vécu en forêt pour ensuite rejoindre les « plateaux Bateke » vers le XVI ème siècle.

 

Ils vivent principalement au moyen Congo mais aussi sur une partie du Congo Kinshasa et au sud est du Gabon. Ils regroupent environ 500000 individus.

 

Le groupe Teke se décompose en quatre grands groupes : les Staye, les Lali, les Tege et les Kukuya.

 

Les Bateke ont du faire face à la monté de la puissance de leur cher voisin, le Royaume Congo et ils ont dut subir les nombreuses attaques des Congo. Pourquoi ? Tout cela pour tenter d’obtenir le contrôle des mines de fer de ZANAGO proche du fleuve Congo… Ces gisements ont fait la richesse et le pouvoir des Teke.

 

C’est sous l’impulsion d’un forgeron, NGWAKA BANZURU que l’histoire du masque Kidumu s’est ouvert vers les années 1860. Cet homme a été mandaté pour retrouver les anciens masques et comme il est revenu « les mains vides » il créa un model. La forme des masques avant cette date est inconnue.

 

La production des masques Teke Tsaye a connu une période de récession vers les années 1910 / 20 à cause de la présence sanglante des français. C’est durant cette oppression coloniale appelée la « guère de l’impôt » que le peuple Teke a bien failli disparaitre de famine et de maladie... Une période noire de révoltes des Bateke contre les colonisateurs. Une lutte bien inégale…

 

Cela a value un déclin du culte rapide. Une suite logique car les Teke ont été presque décimé et donc plus personnes pour donner vie au culte !! C’était une question de survie avant tout… A cela il faut ajouter que les survivants ne vivaient plus en groupe mais des petits groupes éparpillés…. Il ne reste malheureusement moins de 10 masques d’avant 1930…dont le célèbre masque au trèfle de Derain, aujourd’hui dans la collection du Barbier Mueller. On estime la destruction des 300 masques… et 300 histoires… Selon la légende, chaque masque raconte l’histoire d’un village.

 

Le masque a été réinventé à cette époque pour valoriser la puissance sociale et politique du groupe Teke Tsaye. Il fallait bien se remettre de la répression de cette « pacification » française. Le Kidumu était là aussi pour montrer le renouveau et la puissance Teke, histoire de concurrencer le tout puissant Royaume Kongo tout proche. Il s’agit d’affirmer un peu l’orgueil des Teke. D’ailleurs le nom de « Kidumu » évoque deux choses chez les Tsaye, le bruit du tonnerre et la réputation.

 

Le masque Teke a une forme circulaire, avec une forte propension à la symétrie. C’est un assemblage deux de demi-sphères avec un petit décrochement au centre, accentué part une ligne noire parfois rouge où se cache les orifices pour les yeux. Cela donne une sensation d’être face un visage mystique car le masque devient « aveugle ». Le nez au centre du masque donne le sens du masque, donne le haut et le bas. Il est orné de dessins mystiques qui racontent l’histoire du peuple. Cela explique la variété des motifs. Le masque Kidumu est entouré d’une collerette de plumes et de raphia. Ces masques sont de la couleur du raphia rehaussé de blanc à base de kaolin. Principalement, ceux sont des masques faciaux qui ont été réalisé pour la danse. Ceci dit il existe de rares exemples de masques plastron et de case.

 

Sur le haut du masque se dévoile de manière schématique un crocodile ou un scorpion, symbole de moralité.

 

Dans la partie inférieure, on trouve une représentation abstraite du Python au soleil (symbole de pouvoir). Il est évoqué de manière très minimale par quatre écailles formant un cercle. Le cercle blanc de kaolin qui représente le soleil. En dessous les traits représentent le mille-pattes au soleil.

 

Pour le reste des symboles, il représente des indices géographiques pour localiser des lieux sacrés : des étoiles, arc en ciel, des chemins etc.

 

Le porteur de masque Kidumu effectue une danse mystique en faisant la roue ou encore tournoyant sur une main. Cette parade donne un éclairage sur la signification du masque Teke mais connu seulement des autochtones… Une danse qui reste encore bien mystérieuse. Les acrobaties Teke sont encore aujourd’hui réputées pour être les meilleurs danseurs de RDC

 

Le masque Kidumu danse également pour rééquilibrer les énergies, faire table rase des problèmes pour donner une meilleure base pour aller de l’avant. Il danse pour honorer la nature, les mariages et les enterrements ou encore pour les jugements des actes de sorcellerie en menaçant le coupable d’un sabre de bois.

 

Comme chez les Senoufo pour la Daba, il existe un concours agricole chez les Teke qui peut réunir une dizaine membres de clans et autant de danseurs pour soutenir leur champion.

 

A suivre…

 

 

 

 

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