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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:00

 

Les Igbos ou les Ibos sont un groupe ethnique qui se trouve au sud-est du Nigeria.

 

Ils ont créé tout un ensemble de sculptures dont la plus populaire est surement l’Ikenga. Ils sont également utilisés par leurs voisins : Les Igala, les Ijo, les Isoko (Oma, Obo, Ivri), les Urhobo (Ivri) etc.

 

Ikenga est le fils de Ugwa. Son nom se décompose en « IKE » la force et en « Nga » réussir. Selon la légende c’était un grand guerrier doté d’une grande agilité. Il avait la réputation de pouvoir sauter d’arbre en arbre. Ikenga a mené de nombreuses batailles et son cri se faisait entendre dans toute la forêt et annonçait une bataille imminente… Fin stratège, il inventa par exemple un camouflage de feuilles pour se cacher dans les buissons… Pour en savoir plus, il faut se reporter sur l’ouvrage de Ndi Ichie Akwa, Mythology and Folklore Origins of the Igbos.

 

Les Igbo entretiennent des liens forts avec le monde des esprits et le respect des ancêtres ce qui a abouti à la création des sculptures d’Ikenga. C’est un objet de prestige et de fierté au sein de la famille. Il est sculpté dans un bois particulier que les Igbos appellent « Asuwuaka ».

 

L’Ikenga est utilisé par les hommes : Des guerriers, des commerçants, des chasseurs, des agriculteurs. Occasionnellement, les femmes de haut niveau social rendent hommage aux Ikenga. La sculpture doit être présenté à la famille et au chef du village pour qu’il soit reconnu par la communauté et aussi pour qu’il soit habité par un esprit (Mmuo).

 

Ils leurs accordent des prières (Ikenga Owa Ota) et des sacrifices journaliers, avant un évènement important ou après un succès en guise de remerciement. Chacun fait des offrandes selon ses envies en fonction de son metier : sang de coq, noix de colas, du vin etc. Les Igbos font donc régulièrement des offrandes mais une fois dans l’année, ils vont s’habiller en blanc et faire une offrande plus importante comme offrir du sang de bélier.

 

Les Ikenga sont conservés soit dans un sanctuaire collectif (de devins, d’ancêtres…) et par exemple on le place à sa droite de son père Ugwa sur un autel,  soit on place l’Ikenga dans la maison du croyant  (M’BARI). L’Ikenga n’a pas d’autel qui lui est propre mais les Igbo leurs consacrent une forte dévotion. Chaque sculpture est liée à une seule personne, celle lui rend hommage.

 

D’ailleurs l’Ikenga meurt avec son propriétaire et il est enterré ou coupé en deux. Comme il s’agit d’un symbole de prestige, certaines familles ne peuvent se résoudre à se séparer de leur Ikenga. Dans ce cas, la sculpture est confiée à une personne âgée respectée par la communauté.

 

Les sanctuaires où sont placés les Ikenga sont des lieux de recueillements, de méditation sous le haut patronat des esprits des anciens. Certain de ces autels étaient cachés derrière une planche de bois avec deux trous pour voir les sculptures, c’est les « yeux de l’esprit » (Info à vérifier).

 

Les Ikenga étaient aussi pris à témoin pour régler les conflits.

 

Les Ikenga prennent plusieurs formes :

***** Le Ikenga le plus populaire qui est sculpté sous les traits d’un homme à cornes, l’Ikenga Madu

***** Le Ikenga plus abstrait, une tête humaine cornue avec un tronc cylindrique simple mais décoré  d’une kyrielle de décorations géométriques. Il représente l’esprit d’Ikenga, on parle de l’Ikenga Alusi.

***** Il existe un Ikenga miniature utilisé principalement par les femmes devin, le Ntu Aga. Cet Ikenga est habité par l’esprit « Agwunsh », un esprit malin qui est manipulé en tout dernier recours pour lutter contre des maladies mentales comme la folie ou encore pour aider à l’accouchement etc.

***** Il existe une variante sans cornes que l’on classe dans les Ikenga, c’est les Okpassi. Ce nom se décompose en « OKE » l’homme et « TFI » étincelle vitale.

igala.jpg

 

Quelques symboles dans les Ikenga :

 ***** L’épée évoque la victoire dans la guerre ainsi que la protection contre les ennemis. Cette arme symbolise aussi l’objectif à atteindre ou encore un guerrier valeureux.

***** Les cornes proéminentes : Symbolise le pouvoir (IKE), la puissance et la persistance qui représente le bélier. Selon une expression Igbo, un bélier va se battre avec sa tête.

***** Le culte de la main droite (AKA NRI), la main de la nourriture.

***** Un torse bien dessiné montre la puissance et la vigueur d’un guerrier.

***** Le sexe masculin peut être montré, il représente l’importance du lignage pour le pro

 

priétaire. On trouve également d’autres attributs comme des bracelets, une pipe (etc.) qui ont une valeur symbolique pour le croyant. Les Igbos et les Igala placent également des animaux familiers.

***** La chaise dont la plus importante possède seulement 3 pieds, c’est l’Awka réservé à une certaine élite de la communauté, les Ozo. Ce siège rappelle le devoir de respecter les autorités supérieures.

Allez voir cet exemple http://mccoy.lib.siu.edu/jmccall/jones/igbo/misc14.JPG

 

 

L’Ikenga symbolise :

***** La détermination (IVRI)

***** L’engagement à travailler dur.

***** La valorisation du travail avec effort e t donc aussi une réussite économique.

***** La force mais aussi la retenu dans les conflits dans la vie de tout les jours.

***** La force physique et l’énergie mentale d’entreprendre une activité.

***** L’honnêteté  

***** L’Ikenga aide à donner de la maturité à un jeune homme. Pour obtenir un Ikenga il faut être responsable et il devra l’honorer jusque sa mort.

***** Quand la famille décide d’offrir un Ikenga a un jeune célibataire, c’est pour l’inciter à trouver un travail. Tacitement ce cadeau est une demande de la famille à leur fils de construire un foyer, trouver une femme et pourquoi pas avoir des enfants.

***** L’Ikenga représente le lien spirituel entre l’individu et la communauté. C’est une réussite personnelle qui profite à la communauté. Quand un homme a réussi à construire une entreprise, on le qualifie de « Madu Oke Ikenga » que l’on va traduire « l’homme qui a un Ikenga ».

***** Le lien entre les vivants et les morts via les prières et les offrandes.

***** La victoire et protection dans les batailles

***** La tête décapitée par l’épée montre le fruit de la supériorité et le pouvoir par la réussite dans le travail.

 

Allez voir les magnifiques photos In situe des Igbos sur le site qui suit :

http://mccoy.lib.siu.edu/jmccall/jones/misc.html

 

La croyance dans l’Ikenga n’est pas éteinte et continue à jouer son rôle de protecteur pour les croyants.

 

A suivre…

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 20:33

L’apparition et l’accélération des problèmes graves de société comme l’alcoolisme, des maladies comme le Sida, des malformations de santé (comme les maladies mentales, albinos etc…), de la consommation de produits stupéfiants, des problèmes d’infertilité, les divorces  ont été détournés par des mouvements religieux catholiques sectaires.

 

Ces nouveaux groupes religieux rendent responsable le Diable qui prendrait la forme d’enfant.

 

La zone concernée par le phénomène des enfants sorciers est vaste : Benin, Nigeria, Liberia, Angola, Afrique du Sud et surtout en RDC.

 

Cela a pour conséquence directe pour cette jeunesse maudite (dès l’âge de 2 ans) la pratique d’exorcismes musclés et des comportements collectifs lamentables pour se protéger de la peur irrationnelle des attaques du diable… Alors, s’il vous plait…

 

Arrêtez d’enchainer vos petites victimes devant les églises pour obtenir des aveux forcés…. A la fin ces enfants finissent forcement par croire qu’ils sont possédés… pour juste un moment de répit…

 

Arrêtez  d’exorciser à coup de machette… 

 

Arrêtez de déclarer un enfant sorcier quand par exemple vous avez une baisse de salaire…

 

Arrêtez  vos humiliations en place public…

 

Arrêtez de croire que les enfants qui sont hyperactifs ou insolent sont possédés par le Diable !

 

Arrêtez  d’exorciser à coup d’acide…  

 

Arrêtez  d’exorciser par le feu… Immolation n’est pas acceptable…

 

Arrêtez  d’assassiner vos enfants avec du poison…

 

Arrêtez  d’organiser en parti en famille, pour enterrer vivant vos enfants pour les « soigner »…

 

Arrêtez  de croire que le diable se cache dans le ventre des enfants…  Arrêtez d’ouvrir les ventres au cutter pour prélever un morceau d’intestin dans des conditions d’hygiène déplorable… « Ces nettoyages » causent sans dire de graves infections mortelles…

 

Arrêtez  de reconnaitre le Diable dans les yeux de vos enfants comme les prédicateurs le prétendre…

 

Arrêtez  d’exorciser en versant de la sève d’arbre dans les yeux…

 

Arrêtez d’abandonner et de laisser errer vos enfants dans les rues… (C’est la solution la plus facile pour les familles qui n’ont pas les moyens de payer le prédicateur ou le féticheur, le Nganga…)

 

Arrêtez  de croire qu’il existe autant d’enfants sorciers en Afrique…. (Rien qu’à Kinshasa 10000 enfants ont été jugé par leurs familles d’actes sorcelleries…)

 

Arrêtez de croire qu’un enfant peut être responsable de la mort d’une personne âgée. Ce n’est pas par ce que cette personne accuse son petit fils ou sa petite de fille de sa mort que cela est vrai !!

 

Arrêtez de confier vos enfants à ces prédicateurs pour un exorcisme très onéreux (jusqu’un an de salaire) pour maltraiter vos enfants… Un des rites consiste à aspirer le malin en arrachant avec les dents des bouts de chair avec les dents…

 

Arrêtez de déclarer les enfants sorciers pour des raisons économiques, il y a toujours une solution pour les nourrir ou les vêtir.

 

Tous ces actes créent une nouvelle génération traumatisée qui s’isole par crainte.

 

Le Diable ne peut être la cause de tous les malheurs du monde, ne cherchez plus de faux coupables…. La vie est dure… N’ayez pas peur de vos enfants !!

 

N’écoutez plus ces faux serviteurs de Dieu qui ne font que prêchez la peur et non la bonté de Dieu.

 

La torture n’est pas une pratique normale dans l’expression d’une religion.

 

 

 

Arrêtez ces cruautés inutiles… Changez… S’il vous plait… Changez… Aidez les ONG à les sauver en dénonçant ces tortures…

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 17:15

C’est un village du nord du Cameroun qui a développé un rituel pour éduquer les bébés à marcher le plus rapidement possible. Il s’agit de soulager les femmes qui portent les enfants sur le dos. Le travail est rude et plus les enfants marchent tôt mieux c’est !

 

Ils ont compris que les enfants avaient le réflexe dès la naissance de vouloir se tenir sur ses jambes. La mère une fois par jour, sous la forme de jeu, aide à faire tenir l’enfant debout. Le bébé esquisse un pas de danse en tenant les doigts de la maman. Ce réflexe existe jusque l’âge d’un mois.

 

Pour entretenir cette aptitude à se tenir debout, donc à partir d’un mois, les mères préparent un bain rituel de plantes. Avec le jus de cette décoction, les mamans arrosent le bébé avec une petite calebasse. C’est sensé stimuler les sens du bébé.

 

En suite le restant des déchets végétaux  (des feuilles gluantes et des branches molles) est mis sur le sol et elles placent le bébé sur ce lit de verdure bouillis. C’est tout sauf confortable !! Le bébé se met à pleurer et son seul envie c’est de… se lever et de marcher !! Ce rituel permet d’inciter le bébé à maintenir et à développer le réflexe de se tenir debout !

 

A suivre…

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 21:20

Le musée africain des cultures  l’Afrique de l’Ouest anciennement le musée des missions africaines, donne carte blanche à C. Angelo Micheli le temps d’une exposition intitulée « Gémellités, Images d’Afrique de l’Ouest »

 

_Gemellite-s.jpg

               

               Musée Africain

               150 cours Gambetta

               69007 Lyon

               04 78 61 60 98

  http://www.musee-africain-lyon.org/

 

 

 

C. Angelo Micheli est historien de l’art qui a toujours été intéressé par la notion du portrait d’où l’intitulé de sa thèse "Double et gémellité : une approche de la photographie de studio en Afrique de l'Ouest". Il se bat également pour la protection du patrimoine photographique en Afrique, passé et présent.


Angelo Micheli nous apporte une nouvelle vision de la photographie en collectant des portraits de vrais jumeaux ou non. Il suffit de se pencher sur les Statuettes de jumeaux décédés chez les Yoruba ou les Ewe pour se rendre compte que le sujet est important ! Chaque village avait ses sculpteurs ce qui expliquent leur grandes variétés de style !

 

Les jumeaux peuvent aussi bien être vénéré que craint. Selon des traditions anciennes les jumeaux possèderaient des pouvoirs maléfiques et cela justifie un rite de passage à leurs naissances.  L’Afrique de l’ouest est une zone où se concentrent une forte population jumelle (sans savoir vraiment pourquoi…) ce qui explique un intérêt certain pour le sujet ! Il doit y avoir de la magie dans ce mystères !

 

Cet historien de l’art de l’Afrique a mené une enquête de terrain au Togo, au Bénin, au Burkina Fasso et au Mali. Ainsi C. Angelo a collecté plus de 300 portraits doubles datant des années 70 à nos jours. Elles ont été trouvé auprès de particuliers ou de professionnels de la photo dont une partie actuellement est présentée au musée de Lyon.

 

Les premiers clichés réalisés en Afrique sont  sans aucun doute été produits par les photographes qui accompagnaient les missionnaires pour réaliser les cartes postales. C’est à leur contacts que des africains ont été formé à l’exercice. Certains sont devenus connu comme Seydou Keita ou Malick Sidibe. Ceci dit la plupart  sont restés des petites mains de studio qui sont malheureusement tombé dans l’oubli…

 

La photo a énormément évolué. On est passé de la photo qui absorbe les âmes à une démarche volontaire de passer chez un photographe !! Ceci dit il y a toujours une petite crainte et c’est pour cela que les modèles réclament  les négatifs des photos !!

 

La photographie est également le moyen matériel d’immortaliser un point dans le temps, d’une fraternité de sang, une amitié etc.

 

Il y a des studios qui ont proposé une autre alternative de créer un portrait en double de la même personne avec la technique de la surexposition. Peu de studio ont réalisé ce genre de photo car la tâche était trop compliquée. Cela impliquait aussi de nombreux ratés donc une solution onéreuse… Je vois ce genre de photo un peu triste car la personne n’a pas trouvé son double et doit poser seul… La personne le trouvera je l’espère dans l’au-delà ! Le portrait en double me fait penser au doppelganger,  tout le monde à son sosie sur terre… et au-delà...

 

Les photographies en double, que l’on peut découvrir, sont majoritairement des portraits en pied avec le visage de face. La pose est choisie par les modèles, selon leurs envies ou plutôt  l’idée qu’ils se font de leurs portraits. La prise de vue est en grand angle sur un fond plutôt coloré  avec une lumière forte (comme des lampes cloches). On est donc loin du clair-obscur ! La photo sera montrée à la famille ou à des inconnus donc il faut qu’elle soit réussie !! Sur ces photos il n’y a pas de hasard, tout est contrôlé à l’extrême dans la pose des personnes.

 

Maitriser de son image. Maitriser ce que les modèlent veulent montrer aux autres.  Au travers de l’exposition on pourra se rendre compte que les photographies réalisée en studio se ressemblent comme s’il y a un inconscient collectif se révèle dans l’Afrique.  Ainsi on pourrait relocaliser les poseurs uniquement grâce à leurs vêtements, leurs bijoux ou encore les coiffures.

 

 Une chose me surprend : le ca drage. Il y a un soin extrême porté sur la composition des modèles  et la photo ne va pas se resserrer sur les personnes. Le photographe va prendre les gens, le fond et tout ce qui devrait être hors du champ de la vue. C’est-à-dire que l’on voit peut voir les bords du fond, le plafond ou encore les lampes. L’attention se porte sur les personnes, le reste importe peu en fait.

 

Ces portraits à plusieurs sont aussi le moyen de se souvenir d’événements heureux, de réussites, de fêtes religieuses ou non etc. C’est bien des occasions de se faire beau et de revêtir ses plus beaux  atouts. C’est donc le moment idéal de se faire prendre en photo avec ses vêtements neufs en general. Le photographe pouvait aussi prêter des vêtements.  

Les parures et les accessoires (comme des fleurs, des radios cassettes… j’adore le portrait des Touaregs aux radios casettes) deviennent vite importants car ils vont marquer une identité, une personnalité, une appartenance à un groupe culturel ou encore un niveau social.

 

Le fait de faire un acte religieux (comme une communion ou une circoncision) peut générer un lien fort et à vie entre deux personnes. Et cela que justifie la volonté de passer voir un photographe. C’est un des aspects très fort et solennel de cette démarche, du portrait en double.

 

Le jeu évident sur la ressemblance se fait naturellement  avec les vrais jumeaux. Dans le cas contraire le photographe va aider à créer de la confusion pour maximiser la ressemblance entre les sujets avec par exemple des « boubous » identiques même si il y a un garçon et une fille sur la photo.

 

La « gémellité » s’exprime aussi par l’attitude des personnes qui deviennent le reflet de l’autre : La position du corps, des mains ou encore avec expression fermé du visage… C’est une affaire bien sérieuse en fait !


01-copie-2.jpgLa photo en double est graphique et d’hypnotique, elle nous montre des vrais liens de sang ou des liens spirituels forts. J’espère que je vous ai donné envie de voir les dernières recherches de C. Angelo Micheli.

Un travail intéressant à décou vrir jusqu’au   20 mai 2012 au musée africain des cultures  l’Afrique de l’Ouest… Pour plus d’informations reportez-vous au catalogue de l’exposition (10 euros) ou allez écouter C. Angelo Micheli lors de sa conférence le 22 mars  de 19h à 21h au musée.

 

 

 

 

Vous pouvez aussi consulter le Blog de C. Angelo Micheli  pour découvrir quelques portraits en double si vous ne pouvez pas vous déplacer à Lyon :)

 

http://angelo-micheli.blogspot.com/

 

A suivre…

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 20:33

 

Les Fali sont un groupe ethnique qui se situe aujourd’hui au nord du Cameroun proche de la frontière du Nigeria sur une surface d’environ 3500 km2. C’est une zone hostile de la Bénué, montagneuse, des étendues de rocher et de quelques espaces de végétation d’épineux. Cette géographie leur a aussi permis de mieux se cacher.

Les ethnologues ont du mal à situer les origines exactes de ce peuple. Une hypothèse tangible les place au Nigeria, aux « FALI MOUNTAINS » d’où le nom du groupe de 35000 personnes.

 

Les Fali ne sont pas des guerriers dans l’âme, les seules guerres que l’on connaisse ont été défensives notamment contre les Peuls (les musulmans contre les catholiques). Ils ont été colonisés d’abord par les allemands puis par les Français.

 

C’est un peuple joyeux, rieur et ouvert. Ils se sont regroupés autour de 4 grands centres, du nord au sud, on trouve les Bossum, Peske-Bori, Kangou et Tinguelin. Ces unités se divisent en tribus « NUM BANTA » puis en clan « KOLE WOTE » et en suite en lignage de famille « BOLE BA ». On image bien la complication de distinguer ces familles sachant que les Fali sont à la fois monogame et polygame… On distingue également des associations importantes comme celles des forgerons.

 

Les Fali sont réputés pour la fabrication des poupées perlées sur une âme en bois ou encore les poupées en sac de ficelle et/ou de cuir avec à l’intérieur un morceau du linceul du mort.

 

Quand on s’intéresse à la culture des Fali, on sent l’expression de la foi est intérieure. Tout est pensé, rien n’est prononcé… La foi s’exprime seul par la prière… Il très rare de voir un autel consacré a FAW, « le maitre de la vie ». Sur ces lieux sacrés on va découvrir des poteries votives neutres sans décoration. Ils ont une cosmogonie complexe comme on peut le voir chez les Orishas, les Dogon ou les Bambara…

 

Faw le ciel, créa la terre ONA et s’unit à elle. Ils ont des enfants etc. Elle donna naissance à la nature, mais aussi à des personnages magiques comme le terrifiant maitre des souterrains, TIBINGO. Il apparaît aux Hommes sous la forme d’un serpent aux yeux lumineux et hypnotique. Cet esprit peut à la manger l’esprit du mort ou au contraire libérer l’âme pour rejoindre le monde souterrain HYMNI qui est sous la protection des ancêtres.

 

Chez les Fali, il n’existe pas de mobiliers funéraires mais la mise en terre est codifiée à l’extrême en fonction de sa place au sein de la communauté.

 

Tout d’abord, il y a la constatation du décès, les Fali sont très prudents dans l’annonce d’une mort et ils attendent les « signes », l’arrêt du cœur, de la respiration et le raidissement du corps. Le défunt doit impérativement rejoindre sa maison pour être installé dans son « ARA » soit sa chambre. C’est seulement à ces conditions que sonnent les GANGU, une sorte de trompe sacrée. Le travail du deuil peut commencer…

 

Le mort est alors placé sur une structure en natte, un « GOU » puis il est emmailloté par la confrérie des forgerons avec un linceul de coton, le « LUTU ».

 

La veillé funéraire commence, du soir jusqu’au petit matin. Musique, chant, danse… Pour cette occasion, chef, hommes, femmes, enfants sont tous habillés avec leurs plus belles parures et leurs plus beaux vêtements.

 

Au levé du soleil, le corps est lavé puis les forgerons emballent de bandelettes de coton « DJOLU » de manière, il faut le dire sans ménagement du défunt car ce n’est pas une étape fortement appréciée. Une personne s’assoie sur les jambes, ils relèvent le tronc, et fixe les bras à la perpendiculaire du corps... C’est une opération qui nécessite plusieurs heures de travail…pour le corps garde cette position.  

 

En parallèle de ca, les fossoyeurs, les TO NI GEBUS, s’activent, a creuser la tombe, un simple trou de 2m de profondeur pour un diamètre de 50cm environs.

 

Les danses et les chants continuent prés de la case du défunt aux rythmes des 2 tambours sacrés (TONDJI M’DOM et le NOMDJI M’DOM) et les sifflets (KEWAL). Cela a pour but de prévenir les ancêtres de l’arrivée d’une nouvelle âme…

 

A suivre...  (Il faut que je mette en phrase ma prise de note, ca va arriver!!)

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 23:27

 

« Le sens esthétique est absent chez eux » Froelich 1949. Voila comment les premiers colons ont qualifié la statuaire du nord du Togo. Cela marque vraiment un manque d’ouverture d’esprit. Ils ne voyaient cette région comme une zone aride avec très peu de végétation et donc pas digne d’intérêt...

 

Les Lamba / Losso furent révélés vers les années 1890 lors de la colonisation allemande. Ce fut d’ailleurs une phase répression extrêmement violente notamment avec les expéditions dirigées par le Docteur Kersting ou celle de Frobenius (…)

 

Pour voir ces ethnies dans les collections publiques, il faut surtout se diriger vers l’Allemagne. D'une part vers la fondation Frobenius de Francfort, ils ont tout un fond de dessins décrivant les habitations, les conditions de vie mais très peu de croquis de sculptures. D'autre part vers le Musée d’ethnographie de Berlin, le Museum für Volkerkunde. Ce dernier ne possède pas moins de 40000 objets d’Afrique. A connaître !!

 

Les Lamba / Losso sont des ethnies qui vivent au nord du Togo. Les Losso (88 000 individus) et les Lamba (61 000 individus) sont avant tout des cultivateurs et des chasseurs. Ils ont pour proche voisin les Kabyé, les Ewé et les Ouatchi.

 

On suppose que les Losso ont une origine du Burkina Faso à cause de la ressemblance avec la langue Mossi. En regardant les formes des sculptures on pourrait même apparenter la statuaire Lobi voire même Dagari.

 

Cette population, à la réputation accueillante, ne possède pas de pouvoir centralisé et c’est les chefs de famille qui règlent les affaires entre eux.

 

Ils produisent également des objets qui sont issu de la culture Vaudou, certainement dû à la présence proche des Ewé. Par exemple ils construisent des poteaux pour chasser les voleurs. Comme dans le vaudou, ils pratiquent les libations à base de sang de chèvre, de mouton ou de poulet. Il s’agit de nourrir les esprits et de les calmer.

 

Comme dans le pays vaudou, ces objets de culte sont déposés devant les habitations en signe de mise en garde ou signe de protection ou encore dans les greniers et les poulaillers.

 

Ils fabriquent des poupées faites avec des fémurs de mouton, de porc ou de vache appelée « Di Kori », ce qui veut dire « fils d’os ».

 

Il est compliqué de faire une description simple des sculptures des Lamba et des Losso car leur lien de parenté est très fort. Comme pour leur voisin Yoruba avec les Ibeji, chaque village sculpte des sculptures très différente ce qui procure une grande variété de style tout à fait passionnant.

 

Les colons qui sont tombés sur ces sculptures n’y voyaient que des objets mal dégrossis, disproportionnés, de formes simples, brutales. Ils sculptent des personnages souvent représentée avec des petites jambes. La partie la plus grande imposante reste le tronc d’allure cylindrique avec ces bras accolés au corps. On observe une constante sur ces corps : Les nombrils saillants et la présence de scarification. Elles sont gravées sur le bois (à froid ou pyrogravées) et elles sont une piste sérieuse pour l’attribution Lamba ou Losso. Elles sont portées toujours par les togolais. D’ailleurs vers les années 60 l’Etat a tenté d’interdire la pratique de la scarification dans un but de faire changer les mentalités  et stopper la monté du « tribalisme ». C’est peine perdu. L’effet de mode est trop fort !! Par gout esthétique les formes se mélangent entre les Lamba, les Losso voire même avec les motifs de leurs voisins !

 

Ce qui a de plus surprenantes dans ces personnages, ce sont ces têtes en forme de ballon complètement écrasé ou encore ressemblant à une tête de bouchon de champagne avec un cou minuscule ou inexistant. Cela renforce cette allure très massive.

 

  lamba-losso.jpg

 

Ces visages sont d’une simplicité extrême, deux trous pour les yeux, un pour le nez et un coup de ciseau pour marquer la bouche. Chez les Lamba il existe une variante avec des yeux formés avec des cauris.

 

Ces sculptures portent fréquemment avec des bijoux comme des bracelets autour du cou (par exemple utilisés pour la guérison des nourrissons) ou des colliers en fibre naturelle.

 

La statuaire religieuse de cette région ce cristallise schématiquement en 3 parties : Le culte des Alua, le culte des esprits sauvages (la chasse) et enfin le culte des Jumeaux.

 

Cultes des Alua

 

Selon la légende, avant de naitre, les hommes faisaient parti du monde surnaturel des ancêtres, les Alua. Mais un jour l’esprit Alua étranger nommé « Kolner » a fait remarqué qu’on lui consacrait des autels mais pas à eux… Jaloux, ils demandèrent aux hommes de sculpter des effigies pour les habiter. Ces peuples ont donc créé ces statuettes d’une part pour attirer la bénédiction des Alua sur leur foyer et d’autre part pour amadouer les esprits. Ces sculptures demandent des libations de sang régulièrement car ces esprits peuvent se venger...

 

Cultes des Jumeaux

 

Cette région du monde, Togo, Benin, ou encore le Nigeria ont une population jumelle énorme sans que l’on sache vraiment pourquoi... Cette concentration de jumeaux a fait naitre tout un ensemble de rites lorsque l’un des jumeaux décède.

 

Les Lamba / Losso sculptent des « Rimpu » appelé aussi « Duibia », des versions miniatures de sculpture plus grandes. Ceci dit ces statuettes prennent aussi des formes plus abstraites. Des branches d’arbres simplement dégrossies en forme de petits cylindres. Ces poupées sont d’une patine noire obtenue par frottement avec du métal chaud.

 

  lamba1.psd.jpg

 

De prime à bord, ces statuettes sont faites pour apaiser l’esprit du jumeau décédé et éviter d’appeler le vivant vers la mort pour le rejoindre.

 

Dans les faits ces objets permettent aux mères de substitut affectif dont elle accorde autant d’attention que pour un vivant : l’habille, la nourris et fait même semblant de l’haleter…

 

Plus tard ca sera au tour du jumeau vivant d’en prendre soin pour garder le lien avec son double mort. Ainsi il n’est pas oublié et continue de recevoir de l’attention sinon ils peuvent se venger...

 

Durant l’enfance, pour empêcher le défunt de faire venir son jumeau vivant dans la mort, un rite consiste à camoufler l’enfant, le rendre invisible pour les esprits : Raser le crane en laissant qu’une petite touffe, mettre des pendants avec des cauris sur les oreilles et de confectionner une ceinture de cauris.

 

Les Autels Souna

 

Les Lamba comme les Losso ont une vénération pour les animaux « sauvages » dans le sens qu’ils sont difficiles à capturer comme l’antilope, le buffle ou l’éléphant. La chasse de ce genre d’animaux octroie aux chasseurs un grand prestige et lui donne l’opportunité de construire un autel de chasse, un Souna.

 

Ces animaux, selon leurs croyances, sont les réincarnations des esprits mauvais qui n’ont pas eut le droit d’aller vers l’au-delà. Ce qui explique toutes les précautions prises lors de la chasse. Lorsqu’un chasseur tue l’un de ces animaux, il ne doit pas connaître les circonstances de sa mort ni même savoir quel chasseur l’a tué.

 

Un petit rituel vise à empêcher à l’esprit de reprendre sa forme humaine et de poursuivre le chasseur pour l’assassiner. Cette légende explique la présence des sculptures aux formes humaines dans les autels Souna.

 

  losso.jpg

 

Une fois la bête à terre, le chasseur coupe la queue de la bête, se déshabille, se désarme et cherche dans le sol autour de la carcasse des racines médicinales suivant les 4 coins cardinaux. Sinon la viande ne pourra pas être consommée…

 

Le chasseur rentre en laissant sa proie dans la brousse. Il est tout nu pour cacher à tout le monde qu’il est un chasseur.

 

Une fois au village, le chasseur rassemble son clan pour retourner chercher l’animal. Ils forment le cercle autour de la dépouille et se joue une petite scène visant à semer le doute dans l’esprit qui vit dans cet animal. Ils discutent les raisons qui ont pu causer la mort de la bête. Cette manœuvre est faite encore une fois pour masquer l’identité du chasseur.

 

Dans le même objectif que la viande est repartie en part égale. Bien que ce soit le chasseur qui ait abattu l’animal. Il ne recevra pas de part plus importante car son identité serait révélée…

 

En dehors du prestige, le chasseur va pouvoir mettre la tête, corne ou ossement sur l’autel personnel. Ils s’agissent des Souna Kplass. Si une personne lui vole sa bête et donc son trophée, ce voleur tombera malade jusqu’à ce qu’il rende le trophée à son véritable propriétaire…

 

La Souna est un autel dédié aux esprits sauvages de la brousse qui se construit soit dans un sanctuaire soit dans une pièce particulière de la maison. Le chasseur y place donc des offrandes en fonctions de ces chasses. Plus il y a de Trophées de chasse, plus le chasseur sera puissant et important au sein de la communauté.

 

Quand ces trophées pourrissent ils sont remplacés par des sculptures en bois. Elles deviennent actives selon un petit rituel qui consiste à les placer dans un grand pot en terre cuite qui compose la Souna. Cette même terre cuite, une énorme boule avec des pointes, reçoit tout au long de la l’année des libations de sang issues des animaux de la chasse.

 

A coté de cette terre cuite rituelle, un petit pot avec des offrandes de nourriture : arachide, noix, riz etc. Cette offrande va nourrir l’esprit qui pourra dire dans toute la brousse que ce foyer est accueillant et qu’il faut protéger ce foyer…

 

A l’heure actuelle, les cultes chez les Lamba et les Losso sont tombés en désuétude et les sculptures se retrouvent sur les étales des marchés de Lomé... A cela il faut ajouter la progression du Christianisme et dans une moindre proportion avec l’Islam.

 

A suivre…

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 18:31

 

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Je m’écarte le temps d’une petite brève de l’art Africain pour présenter Theo Wiesen. Il fait parti des créatifs dit « Outsiders » qui ont fait de leur maison ou leur jardin un lieu de création.

 

Cet artiste est d’origine allemande : Welchenhasen Puis il a fini par traverser la frontière tout proche pour rejoindre les Ardennes Belges germanophones.

 

J’ai découvert avec beaucoup d’émotion ces sculptures monumentales qui peuvent faire plusieurs mètres de haut. D’ailleurs ça ma tout de suite fait penser aux sculptures Dagari du Burkina Faso en version gigantesque !! 

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Contrairement à ces sculptures du Burkina Faso, les personnages de Theo Wiesen sont sexués. Il utilise des troncs d’arbre qu’il équarrie, retourne pour trouver dans les branches des simili de bras ou de jambes.

 

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Au fil du temps le sculpteur apprend à vernir ces « œuvres » pour une meilleurs conservation. Theo Wiesen ne se considérait pas comme un artiste mais il tirait quand même de la fierté lorsque les touristes se déplaçaient pour voir son travail. Theo Wiesen se definissait plutôt comme un ouvrier et non comme un artiste.

 

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L’enfance de Théo Wiesen a été marquée par la mort de ses parents ce qui l’a conduit s’isoler. Cette periode de sa vie est importante car elle donnera toute l’inspiration de ses sculptures.

 

C’est en 1936, que l’artiste en devenir, entre en contact avec le bois en travaillant dans une grande scierie qui tournait à plein régime. Durant cette période, le sculpteur commença doucement à s’intéresser aux rebuts de l’usine en taillant par exemple des souches d’arbres.

 

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La maison de l'artiste

 

Puis au fur et à mesure, cet artiste autodidacte commença à sculpter des troncs, qu’il débite aussi en tranche de bois (des « Dosses »). Il tira son inspiration des accidents du bois ou des veines du bois pour commencer une sculpture. Il va même jusqu'à utiliser des arbres foudroyés pour former ces personnages.

 

Ce sculpteur, un homme proche de la nature,  nous raconte des fables qui hantaient son imaginaire d’enfant au travers l’inquiétante forêt. Il retrace des histoires où des personnages oniriques et étranges se parlent. L’artiste nous montre par exemple la visite d’un personnage cornu, peut être le diable...  On observe également des personnages mi-homme mi-animal… Des hommes avec des têtes de loup…

 

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Il fallait voir ses sculptures monumentales alignées en rang d’oignon, discutant avec la forêt grands sapins visibles de la maison de l’artiste. Une manière surprenante de sculpter le paysage. Ces sculptures émergent de la ligne d’horizon et dialoguent avec le paysage.

 

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L’architecte paysagiste, Bernard Lassu, qualifie ces personnages «  d’habitants paysagiste ». Il ne s’agit pas d’une accumulation d’objets mais bien d’un ensemble d’éléments qui se valorisent l’un l’autre.

 

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Tout autour pour garder ces géants, un enclos sculpté dont une partie est visible au musée. Voila une belle activité qui a comblé le temps libre de sa retraite dans les années 60!!

 

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Theo Wiessen est un artiste coup de cœur à voir au musée du LAM de Villeneuve d’Ascq grâce au don de l’association l’Aracine.

  

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Merci à Bruno Mignot pour la photo du Dagari, pour tout contact son site Web  http://www.arts-primitifs.com/

 

A suivre…

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 00:18

 

C’est une cérémonie qui est prise en charge par les anciens et les jeunes en cours d’initiation au culte Poro. On peut dire qu’ils ont entre 16 et 20 ans, c'est-à-dire que ces jeunes hommes ont reçu l’éducation de la discipline et le sens du respect du clan. Ceux sont les TYOLOBELE.

 

C’est une période dure durant laquelle ils ont seulement le droit de revêtir un simple pagne face au rude climat. Il faut une grande motivation !

 

Les Tyolobele sont présent pour préserver la communauté comme aider les personnes âgées ou mettre leur vigueur au service de la protection du village

 

Dans leurs taches, ils ont également la responsabilité d’organiser les cérémonies funéraires.

 

Parmi les croyances Senoufo, les âmes sont attachées à leurs corps et à la terre. Le culte Poro est là pour chasser les esprits vers l’autre monde.

 

Donc le défunt est emmitouflé dans un linge tissé dans une seule pièce de tissu et placé sur un lit en bois monoxyle

 

Les hommes se positionnent tout près du corps et tournent tout autour lui.

 

Des Tyobele font vibrer les NANAA, une sorte de grande trompe au son grave tandis que d’autres marquent le rythme avec des tambours, les TYOBIGE.

 

Les anciens aussi présents pour encadrer la cérémonie tambourine avec le TYEPINGDAANA avec une longue baguette courbée.

 

Pendant cette ronde, un Tyobele monte sur le lit et pose sur le mort un mini tambour. Alternativement il tape sur le tambour et fait retentir une cloche. La cloche est un signe fort qui symbolise l’élévation de l’âme. Elle s’arrête de tinter quand tout est fini. Chez leur voisin les GAN, la cloche retentit pour l’agonie du roi et s’arrête a sa mort.

 

L’âme peut ainsi sortir du mort…

 

Discrètement à cette scène, se trouve les jeunes hommes en cours d’initiation qui sont recouvert de tissu de la tête aux pieds. Surement les panthères Fre…

 

A suivre…

 

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:25

 

C’est dans cette région derrière l’embouchure de Longola que les femmes ont produit tout en ensemble de terre-cuites destinées aux soins, aux cultes des morts, la chasse ou encore pour la dénonciation de voleur. Seules les femmes avaient assez de pratique pour manipuler la terre crue. Des mains qui sont devenu expertes à force de modeler la vaisselle du quotidien.

 

01

 

Dans ce mouchoir de poche on trouve de part et d’autre de la rivière Gongola: les Cham, les Tongale et leur sous groupe les Yungur et les Ga’anda.

 

L’attribution des terre-cuites de ces ethnies reste compliquée, hormis celles placées des sanctuaires. D’une part leurs styles sont très proches et d’autre part ces objets sont cachés dans la brousse pour qu’ils soient efficaces et que leur magie opère.

 

Pour faire une terre cuite efficace, cela se passe en deux temps. D’abord le patient consulte un devin. Il va prendre un brin d’herbe et va l’entourer d’une boule de terre fraiche. Elle va prendre une forme que le devin va interpréter pour découvrir l’esprit qui se cache derrière la maladie.

  

Puis le devin produit ou demande la fabrication une terre cuite figurative pour cette boule de terre, soit en fait une cage pour cet esprit malin. Puis le tout est soit placé dans un temple hors du village ou plus radicalement banni hors du village dans la nature pour aider à la guérison.

  

Chez Cham, il existe une poterie curative étonnante. On l'approche du malade, et elle aspire la maladie à l'intérieur. (Voir ci dessous)

  

  cham cedric1   

  

Ces terre-cuites figuratives ne sont pas de simple réceptacle mais bien des objets bénis qui protègent les vivants. Dans cette région, ils pensent tous que les esprits et les ancêtres jouent un rôle influant sur la santé des vivants.

  

Ces catalyseurs hautement dangereux peuvent prendre la forme des esprits nuisibles pour les apaiser ou représenter de la maladie dans un but curatif plus expéditif ! Ces dernières portent les signes physiques de la maladie du patient. Ces symptômes donnent d’ailleurs le nom à la terre cuite comme c’est le cas chez les Mwana.

 

Exemple : Les Kwandalha produit par les Longula sont moulés pour soigner les maladies liées à la femme : Règles douloureuses, difficultés pour concevoir un enfant etc. Ce sont des terres cuite bouche béante qui abordent les esprits malfaisants responsable des maladies.

 

 londula kwandalha         londula kwandalha 1  

 

 

 londula-kwandalha-3.jpg    CHAM-kwadalha.jpg

 

 

Exemple : Dans la région Cham / Mwana ; les croyants fabriquent des petits pots pour les maladies infantiles qui portent les stigmates des maladies. En général il s’agit de montrer les problèmes de peau comme la Varicelle et qui s’appellent Feru

 

 CHAM-FERU.jpg   

Proche des Longula, les Yungur vivent à l’est de la rivière Gongola en petits groupes clairsemés dont le lieu sacré est la colline de Dieterra. Comme chez les Cham, ils produisent toute une série de terre-cuites qui représentent des invocations d’esprits pour aider à soigner les personnes.

 

Les Yungur modèlent également des terres cuites d’apparence humaine pour abriter les esprits de chef que l’on nomme Wiiso (en moyenne une cinquantaine de centimètres). Chaque porterie est petit bijou et représente un visage différant. On pourrait presque parler de portrait tellement les traits sont uniques. Ils ont une richesse de détails entre les dents en pointe, les coiffures, les scarifications etc.

 

En Avril les Yungur fête la « Mama » pour avoir des terres fertiles et de bonnes récoltes. C’est à cette occasion qu’ils enterrent des petites terre-cuites dans les champs. Le chef, le Mukan, quant à lui, fait la même offrande mais dans un sanctuaire.

 

 

Yungur-mama.jpg

 

Les Ga’anda ne sont pas originaire de la région car à les entendre parler ils viennent du Tchad. Ils vivent à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun dont le centre religieux le plus important est Mukan. Une énorme ceinture rocheuse (qui rejoint Mokwar) où les croyants déposent les poteries. Ils ont une production de terre cuites funéraires qui diffèrent de leurs voisins.

 

A la mort de l’un des leurs, les Ga’anda créent tout un ensemble de terre cuites funéraires pour recueillir leurs esprits : Les Hlefenda (pl Hlendeca) De manière traditionnelle ont les trouve par exemple caché prés des habitations avec des socles formés avec trois branches ou dans petite case sur pilori. Les terres cuites sont gardées pendant une année puis cassée pour libérer l’âme du défunt. Ces poteries reçoivent des offrandes pour apaiser et recevoir la bienveillance des esprits. On reconnaît ces terres cuites par leurs nombrils saillants et cette décoration qui s’inspire des scarifications des femmes (Hleeta) qui deviennent mature.

 

Il existe des versions plus petites et simplifiées appelées Sambarca. Les esprits continuent de côtoyer les vivants du fond de leurs pots. Une manière de se séparer en douceur d’être cher.

 

Les Ga’anda produisent des autels « KETN BUUCA », la chambre des pots. C’est une zone sacrée gardée par un ou deux hommes. C’est un enclos rond discontinu de poteries sur un rayon de 1,50m à peu prés, tout en laissant une entrée.

 

Au centre deux terres cuites Masculines importantes : les Mbirlen’nda. La plus grande renferme l’esprit du défunt et la seconde l’esprit ancestral du clan Ga’anda.

 

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Tout autour des deux Mbirlen’nda, des poteries féminines forment le cercle (les Hlendeca et les Sambarca). Ces poteries ne sont pas sexuées mais elles sont bien féminines par le dessin des scarifications qu’elles arborent. Ces vases renferment des esprits des anciens pour protéger les deux Mbirlen’nda.

 

Gaanda luc

 

Cet enclos, est bien sûr préservé dans un lieu discret et entretenu par un ou deux gardiens. Ce Ketn Buuca est aussi protégé par paravent de hautes herbes. Les Mbirlen’nda comportent dans leurs décorations des marques de maladies de peau, un signe d’avertissement pour ceux qui manquent de respect envers la chambre des pots…

 

Les Ga’anda ont créés un autre type de récipients pour contenir les esprits nuisibles qui ne veulent pas partir vers l’autre monde.

 

GAANDA

 

Chez les Ga’anda il existe également une  Terre cuite médicale étonnante.  Le devin  mettait des morceaux de vêtements du malade dans le pot pour le guérir.

 

 gaanda1

 

 

 Merci aux collectionneurs qui m'ont donné l’autorisation de partager leurs objets sur mon blog. ^__^

 

A suivre...

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:27

 

Le 27 janvier dernier a eut lieu une fête impressionnante marquant l’intégration des Dogon et commémorant aussi une victoire : La reprise du Lac d’Antogo aux voisins, les habitants de Yanda, il y a de cela quatre siècles.

 

Ce lac est un lieu sacré où il est interdit de pécher même en cas de disette sauf un jour par an annoncé par le chef, le Hogon. Pécher un poisson (une sorte de Carpe) dans ce lac est un signe de prospérité et de richesse.

 

Cette pêche est un événement de réjouissance important pour la région de Bamba avant la saison des pluies. Dés que l’annonce de la date de la fête, les tensions dans les 33 villages alentours s’apaisent. C’est un événement très attendu à ne pas manquer !

 

Au fil des années le lac a pris des allures de grande marre, cette interdiction est surement prononcée aussi pour préserver le peu qu’il reste... Cette pêche est interdite aux femmes, aux hommes de statut élevé et bien sûr, rivalité oblige, aux habitants de Yanda !! Ceci dit les Dogon accepte les hommes dont la mère est originaire de Banda !

 

Pour cette pêche miraculeuse, tous les moyens sont bons pour conserver cette frétillante marchandise, nasses ou improvisation de sac de toile. On peut même voir des jeunes gens sauvegarder leur poisson qui bouge dans tout les sens avec les dents!! Du moins pour les plus petites prises.

 

Le Hogon donne le départ en criant « HOGON » et donne un coup de fusil. Mais avant il récite tout un ensemble de prières, de souhaits de prospérité et des remerciements envers cette terre du Mali qui les a accueillis jadis mais aussi aux Peuhls pour leur protection. Le massacre prendra fin plus tard au deuxième coup de feu tiré de la place principale de Bamba.

 

C’est donc tout au long de la berge, des milliers de personnes se tassent n’attendant que le signal pour se ruer dans le lac. L’ambiance est frénétique, à la limite de l’hystérie collective avec une seule idée en tête s’imposer sur le lac avec et plonger leurs nattes. Le lac se vide en clin d’œil ne laissant aucune chance aux malheureux poissions. D’ailleurs je me demande comment ils arrivent à perpétuer l’espèce !

 

Il faut imaginer cette foule qui se disputent le moindre centimètre carré. Une énergie colossale qui se déploie dans ce brouhaha colossal avec des cris de joies qui se distinguent pour ceux qui ont trouvé un poisson et de le mettre dans leur sac ! Je me demande s’il y a des blessés vu l’anarchie qui règne sur le lac durant ces quelques minutes…

 

Les hommes se déplacent dans cette eau peu profonde, plutôt une mélasse boueuse qui rend la pêche extrêmement physique. Ces hommes ressortent du lac couvert d’une boue blanche qui sèche rapidement au soleil.

 

La fête se prolonge avec une parade de cavaliers qui retrace la victoire de Baman sur Yanda.

 

Puis la journée se termine avec une grande fête qui réunit et unit tout le monde jusqu'à l’aube…

 

A suivre…

 

 

 

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